Royaume-Uni : Liz Truss devant le parlement ce mercredi pour convaincre de garder les clefs de Downing Street

CRISE POLITIQUE Après six semaines au pouvoir, 55 % des membres de son parti estiment que la Première ministre devrait démissionner

20 Minutes avec AFP
La Première ministre britannique Liz Truss, devant le 10 Downing Street le 7 septembre 2022.
La Première ministre britannique Liz Truss, devant le 10 Downing Street le 7 septembre 2022. — Frank Augstein/AP/SIPA

Ce mercredi, Liz Truss va avoir l’occasion de prouver à son camp qu’elle doit rester à son poste à Downing Street. Profondément affaiblie, la Première ministre britannique va en effet affronter les députés pour la première fois depuis l’abandon en rase campagne de son programme économique.

Ce n’est que sa troisième séance du rendez-vous hebdomadaire des questions au Parlement mais il est déjà question de survie politique pour Liz Truss, dans cet exercice oratoire pour lequel elle est nettement moins à l’aise que son prédécesseur Boris Johnson.

Rétropédalage sur les baisses d’impôts

Rejetée par l’opinion, contestée au sein de sa propre majorité, après six semaines au pouvoir, la Première ministre voit déjà son autorité réduite en lambeaux. Pour tenter de calmer la tempête économique et politique, la cheffe du gouvernement de 47 ans a dû revenir quasi intégralement sur les baisses d’impôts massives qu’elle avait promises en campagne cet été.

La séance de questions au Parlement sera sa première prise de parole depuis un entretien à la BBC lundi soir, dans lequel elle s’est dite « désolée » pour ses « erreurs », tout en affichant sa détermination à rester au pouvoir.

Mais est-il encore temps pour espérer redresser la situation ? Selon un sondage YouGov, seul un Britannique sur dix a une opinion favorable de Liz Truss, un sur cinq chez les électeurs du parti conservateur. Et 55 % des membres du parti majoritaire estiment qu’elle devrait démissionner alors que 38 % souhaitent qu’elle reste en poste. Surtout, 32 % souhaitent voir Boris Johnson revenir au pouvoir, 23 % verraient plutôt l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak à Downing Street.

La crise remonte à la présentation fin septembre du « mini-budget » de son ministre des Finances d’alors, Kwasi Kwarteng, constitué de baisses d’impôts massives et d’un soutien colossal aux factures énergétiques, qui avaient fait craindre un dérapage des comptes publics. La livre avait chuté à un plus bas historique et les taux d’emprunt à long terme de l’Etat avaient flambé. La Banque d’Angleterre avait dû intervenir pour empêcher la situation de dégénérer en crise financière.

L’opposition tout en haut des sondages

Nommé à la hâte vendredi, le nouveau ministre des Finances Jeremy Hunt est revenu lundi sur la quasi-totalité des baisses d’impôts de son prédécesseur, donnant l’impression que le pouvoir était désormais entre ses mains plutôt qu’entre celles de la cheffe du gouvernement.

En outre, à deux ans des prochaines élections parlementaires, l’opposition travailliste terrasse les conservateurs dans les sondages. Ainsi, cinq députés de son parti ont déjà publiquement exhorté Liz Truss à partir. Mais faute de successeur évident, les conservateurs sont réticents à s’engager dans un nouveau et long processus de désignation et sont à la recherche d’un consensus pour s’accorder sur un nom, mais semblent loin d’y parvenir.