Japon : Une enquête ordonnée sur la secte Moon par le Premier ministre

INVESTIGATIONS L’assassin présumé de Shinzo Abe, Tetsuya Yamagami, pensait que l’ancien Premier ministre était proche de l’Eglise de l’Unification

20 Minutes avec AFP
Le siège de l'Eglise de l'Unification, à Tokyo le 27 septembre 2022.
Le siège de l'Eglise de l'Unification, à Tokyo le 27 septembre 2022. — AFP

Pour mettre fin à sa longue descente dans les sondages, Fumio Kishida veut faire la lumière sur la secte Moon. Le Premier ministre japonais a ordonné ce lundi l’ouverture d’une enquête gouvernementale sur l’Eglise de l’Unification, un groupe religieux qui fait l’objet d’une attention accrue depuis l’assassinat en juillet de l’ancien dirigeant du pays Shinzo Abe.

L’assassin présumé de l’ancien Premier ministre, Tetsuya Yamagami, en voulait à la secte Moon, à laquelle sa mère aurait fait d’importants dons, menant leur famille à la ruine. Le suspect pensait aussi que Shinzo Abe était proche de l’organisation.

Des liens entre des politiques et la secte Moon

Le groupe a nié tout acte répréhensible, mais de nombreux anciens membres ont critiqué publiquement les pratiques de la secte Moon, accusée d’imposer des objectifs de dons à ses fidèles, et les révélations sur ses liens avec des personnalités politiques de premier plan au Japon ont contribué à faire baisser la cote de popularité du gouvernement de Fumio Kishida.

Le Premier ministre « m’a demandé d’exercer notre droit à enquêter sur l’Eglise de l’Unification », a déclaré la ministre de l’Education et de la Culture, Keiko Nagaoka, ajoutant : « Je vais m’y atteler immédiatement. » Fumio Kishida devait aussi s’exprimer sur la question ce lundi, mais des médias locaux ont déjà rapporté que l’enquête viserait à déterminer si l’Eglise de l’Unification a porté atteinte au bien-être public ou commis des actes incompatibles avec son statut de groupe religieux.

L’investigation pourrait aboutir à un ordre de dissolution en vertu de la loi sur les organisations religieuses, qui ferait perdre à la secte Moon ce statut, ainsi que son exemption de taxes, mais elle pourrait continuer à fonctionner. Selon des médias japonais, seuls deux groupes religieux du pays ont déjà été visés par un tel ordre, dont l’un est la secte Aum Shinrikyo, qui avait perpétré l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995. Le gouvernement japonais hésiterait cependant à employer une telle mesure, par crainte d’attenter à la liberté de culte.