Midterms 2022 : Trump cité à comparaître, inflation et « momentum »… Le journal des élections de mi-mandat (J-25)

BAROMETRE Retrouvez chaque vendredi le point hebdomadaire de « 20 Minutes » sur les élections de mi-mandat du 8 novembre

Philippe Berry
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L'âne, symbole du parti démocrate, contre l'éléphant républicain, Trump, McConnell et McCarthy contre Biden, Schumer et Pelosi... Qui remportera la course des midterms le 8 novembre?
L'âne, symbole du parti démocrate, contre l'éléphant républicain, Trump, McConnell et McCarthy contre Biden, Schumer et Pelosi... Qui remportera la course des midterms le 8 novembre? — 20 Minutes
  • Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis approchent à grands pas. Elles auront lieu le 8 novembre.
  • Un scrutin où Joe Biden et Donald Trump, à travers leurs camps respectifs, jouent gros.
  • Quels ont été les moments forts de la semaine ? Qui a crée la polémique ? Qui a le momentum ? On vous dit tout dans notre Journal des midterms !

De notre correspondant aux Etats-Unis,

C’est le tour de chauffe avant 2024. Techniquement, Joe Biden et Donald Trump ne sont pas candidats à ces élections de mi-mandat. Mais le président américain et son prédécesseur joueront gros lors des midterms du 8 novembre. En jeu : le contrôle du Congrès, mais aussi l’élection de gouverneurs et de secrétaires d’Etat, qui joueront un rôle déterminant lors de la prochaine présidentielle. Vague « MAGA » ou surprise démocrate, retrouvez chaque vendredi le point de 20 Minutes sur le scrutin.

L’info de la semaine : Trump cité à comparaître par le comité sur le 6 janvier

On s’attendait à un réquisitoire, on a eu droit à une surprise. Jeudi, le comité d’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole a attendu la dernière minute pour citer Donald Trump à comparaître. Techniquement, ignorer une convocation du Congrès est un délit fédéral. Mais dans le bras de fer judiciaire attendu pour le forcer à témoigner – ou l’inculper pour « entrave » – le chronomètre joue en faveur de Donald Trump.

Rien ne devrait être résolu d’ici au 8 novembre, mais cette bataille pourrait galvaniser l’électorat. La victoire annoncée du parti républicain à la Chambre signerait, en effet, la fin de la mission de la Commission. Mais Donald Trump reste menacé de tous les côtés : quoi qu’il arrive au Congrès, l’enquête, séparée, du département de la Justice, continue. Et jeudi, l’ancien chef de cabinet de Mike Pence, Marc Short, a été aperçu sortant d’un tribunal de Washington où est réuni un grand jury qui sera chargé de décider s’il y a matière à inculper l’ancien président américain.



Le chiffre de la semaine : L’inflation en hausse de 8,2 % sur un an

C’est une mauvaise nouvelle pour les démocrates. L’inflation, qui avait semblé marquer le pas cet été, accélère, avec une hausse des prix de 0,4 % entre août et septembre (contre + 0,1 % entre juillet et août). Sur un an, elle atteint 8,2 %, selon l’indice CPI publié par le département du Travail. A 43,4 % d’opinions positives, la cote de popularité de Joe Biden progresse de plus de 6 points sur trois mois. Mais avec sept Américains sur 10 estimant que l’économie va dans la mauvaise direction, les fondamentaux restent compliqués pour Biden et les démocrates.

Le clash de la semaine : Tim Ryan vs JD Vance pour le Sénat dans l’Ohio

C’est l’un des duels les plus serrés pour le Sénat. Dans l’Ohio, un Etat remporté par Donald Trump avec 8 points d’écart lors de la dernière présidentielle, le siège laissé vacant par un républicain semblait promis au conservateur JD Vance. Mais le démocrate centriste Tim Ryan recolle à moins d’un point dans la moyenne des sondages. Lors d’un débat télévisé, lundi, il a attaqué fleur au fusil, accusant son adversaire de « lécher le cul de Donald Trump » au point de « perdre sa dignité ».


Les polémiques de la semaine : Avortement en Géorgie, et candidat diminué par un AVC en Pennsylvanie

En Géorgie, le poulain de Donald Trump pour le Sénat, qui affronte le sortant démocrate Raphael Warnock, reste enlisé. Accusé début octobre d’avoir financé l’avortement d’une ex-compagne, l’ancienne star du football américain universitaire Herschel Walker continue de démentir, malgré les attaques de son fils. Cette semaine, le Washington Post a révélé que son accusatrice était également la mère d’un des quatre enfants qu’il a eus hors-mariage. Face au risque d’implosion de sa campagne, les sénateurs républicains Rick et Tim Scott sont venus en renfort.

Si la perte de ce siège peut coûter cher aux républicains, ces derniers espèrent se refaire en Pennsylvanie. Quand il a remporté la primaire, le démocrate John Fetterman faisait figure d’arme anti-MAGA ultime. Ce géant tatoué de 2m03, au crâne rasé, porte plus volontiers le hoodie que le costume.

Le candidat démocrate au Sénat en Pennsylvanie, John Fetterman, détonne dans le paysage politique.
Le candidat démocrate au Sénat en Pennsylvanie, John Fetterman, détonne dans le paysage politique. - Ryan Collerd/AP/SIPA

En face, c’est le docteur trumpiste star de la télé, Mehmet Oz, qui semblait représenter les élites déconnectées. Parachuté en Pennsylvanie, il s’est notamment ridiculisé en parlant d’un plateau de crudités, en français dans le texte, plutôt que de « veggie tray », comme le commun des mortels. Oui mais voilà, le géant démocrate vacille depuis un AVC. Convalescent, il a accordé des interviews aux médias américains cette semaine en utilisant un ordinateur qui lui retranscrit les questions par écrit, car il souffre d’un trouble du traitement auditif. Son adversaire l’accuse évidemment de ne pas être « fit » pour servir ses concitoyens, et les sondages se resserrent.

Qui a le « momentum » ?

Les sondages ont peu bougé cette semaine. Les républicains ont deux chances sur trois d’être majoritaires à la Chambre, selon les modèles de The Economist et du site FiveThirtyEight. Au Sénat, c’est l’inverse, car les républicains ont choisi des candidats très à droite qui semblent avoir du mal à séduire l’électorat indépendant et à lever des fonds.

Attention, de nombreux sondages restent dans la marge d’erreur, et une surprise n’est pas exclue. Cette semaine, Michael Moore – qui avait vu monter Donald Trump – a prédit une vague démocrate, estimant que les Américains étaient galvanisés par l’avortement et pourraient rejeter en masse les candidats complotistes.