Royaume-Uni : Procès d’une infirmière suspectée du meurtre de sept bébés

JUSTICE Lucy Letby nie les meurtres de cinq petits garçons et deux petites filles et les tentatives de meurtre sur dix autres bébés entre juin 2015 et juin 2016

20 Minutes avec AFP
Lucy Letby lors de son procès au tribunal de Manchester, le 10 octobre 2022.
Lucy Letby lors de son procès au tribunal de Manchester, le 10 octobre 2022. — Elizabeth Cook/AP/SIPA

La justice britannique tente actuellement de comprendre les morts de bébés à Chester entre juin 2015 et juin 2016. Une infirmière britannique suspectée des meurtres de sept nouveau-nés et de tentatives de meurtre sur dix autres dans un hôpital anglais a été accusée lundi au début de son procès d’être « le dénominateur commun » aux décès des nourrissons.

Lucy Letby, 32 ans, qui travaillait dans le service de néonatalogie de l’hôpital Countess of Chester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, a nié les meurtres de cinq petits garçons et deux petites filles et les tentatives de meurtre sur dix autres bébés. Un bébé d’un jour, un jumeau, était mort après une injection délibérée d’air dans le sang, selon un expert, 30 minutes après que l’infirmière eut pris son service. La jumelle du bébé, également empoisonnée, a survécu. Deux autres bébés avaient été empoisonnés avec de l’insuline, selon le procureur Nick Johnson. Ils ont aussi survécu.

« Une empoisonneuse dans le service de l’hôpital »

Le procureur a précisé que dans un cas, l’infirmière était soupçonnée de s’y être prise à trois reprises pour tuer un nouveau-né. Il a expliqué devant les jurés du tribunal de Manchester que le service néonatal de l’hôpital avait observé une hausse « significative » du taux de mortalité et du nombre de pertes de conscience de nourrissons à partir de janvier 2015 et pendant 18 mois. Pour Nick Johnson, la raison est simple : « il y avait une empoisonneuse dans le service de l’hôpital ».

Des consultants en pédiatrie s’étaient inquiétés dès juin 2015 du nombre plus élevé que d’habitude de décès de nouveau-nés, dont plusieurs étaient qualifiés d' « inexpliqués » ou « inattendus », selon un rapport publié en juillet 2016 par le Collège royal de pédiatrie et de santé infantile. « Après avoir recherché une cause, les consultants ont remarqué que les décès ou les évanouissements avaient un dénominateur commun », a expliqué aux jurés le procureur. C’était « la présence d’une infirmière, et cette infirmière était Lucy Letby », a-t-il expliqué, soulignant que les décès avaient pour beaucoup eu lieu la nuit, quand elle était de garde.

Un total de 22 chefs d’accusation

Surtout, « quand Lucy Letby a été passée à des horaires de jour, les évanouissements et décès sont passés à des horaires de jour », a-t-il ajouté. L’infirmière avait été arrêtée puis inculpée en novembre 2020 dans le cadre de l’enquête sur ces décès, après avoir déjà été interrogée deux fois en 2018 et 2019, sans suite à l’époque. Désormais, Lucy Letby doit répondre de 22 chefs d’accusation au total car elle est accusée d’avoir tenté de tuer certains nourrissons à plusieurs reprises.