Naissance à Prague de la Communauté politique européenne, « unie » face à Moscou

CPE Quarante-quatre dirigeants ont acté les débuts de la « Communauté politique européenne » à Prague

20 Minutes avec AFP
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La traditionnelle photo de famille.
La traditionnelle photo de famille. — SOPA Images/SIPA

Une naissance en douceur, sans péridurale ni césarienne. Quarante-quatre dirigeants du continent se sont retrouvés jeudi à Prague pour accoucher de la « Communauté politique européenne », mettant en lumière l’isolement croissant de Vladimir Poutine, sept mois après le début de l’offensive russe en Ukraine.

« C’est une très vieille idée qui est peut-être en train de devenir une réalité », s’est félicité le président français Emmanuel Macron, qui avait lancé le projet en mai. Il a rappelé que la « CPE » était un rassemblement beaucoup plus large que l’Union européenne, avec 17 pays invités en plus des 27 membres du bloc.

Soucieux d’inscrire l’initiative dans la durée, les chefs d’Etat se sont donné rendez-vous au printemps 2023 en Moldavie. L’Espagne puis le Royaume-Uni seront les pays hôtes suivants, afin de respecter une alternance entre pays membres de l’UE et pays non-membres.


« Construire une nouvelle structure de sécurité »

Lors de la conférence de presse finale, Emmanuel Macron s’est félicité de « l’unité de 44 pays européens » qui ont « très clairement dit leur condamnation de l’agression russe (…) et leur soutien à l’Ukraine ». Quelques heures plus tôt, le président ukrainien Volodymyr Zelensky était intervenu en visioconférence, demandant de « punir l’agresseur » russe et « d’empêcher ses chars d’aller à Varsovie ou Prague ».

En dépit de ce baptême réussi, la nouvelle structure suscite encore de nombreuses interrogations sur ses contours, son rôle exact et sa portée concrète. La CPE s’inscrira-t-elle dans la durée ou rejoindra-t-elle la longue liste des projets sans lendemain sur le continent, à l’image de la Confédération européenne proposée en 1989 par François Mitterrand ?

Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, s’est félicité que 44 dirigeants se rassemblent « pour voir comment construire une nouvelle structure de sécurité » en Europe. « Cela doit se faire sans la Russie, non pas parce que nous ne voulons pas que la Russie fasse partie de l’Europe, mais parce que la Russie de Poutine s’est mise elle-même en dehors de la communauté européenne », a-t-il déploré.