Syrie : Trois responsables de Daesh tués lors d’une double opération américaine

ANTITERRORISME Une opération héliportée et une frappe de drone ont permis d’éliminer trois figures djihadistes

20 Minutes avec AFP
Des hélicoptères Blackhawk de l'armée américaine déployés en Syrie (illustration).
Des hélicoptères Blackhawk de l'armée américaine déployés en Syrie (illustration). — Darko Bandic/AP/SIPA

Les forces américaines ont tué trois responsable de Daesh en Syrie au cours d’une opération héliportée et d’une frappe aériennes conduites entre mercredi soir et jeudi, a indiqué le commandement américain.

L’opération héliportée, qui visait Rakan Wahid al-Shamri, a été menée dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord-est de la Syrie, a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un premier communiqué. Elle a eu lieu dans une enclave tenue par des forces supplétives du régime syrien, près de la ville de Qamichli contrôlée par les forces kurdes alliées aux troupes américaines, selon des sources concordantes.

C’est la première fois, depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, que les troupes américaines mènent une opération héliportée dans une zone sous contrôle du régime de Bachar al-Assad, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Deux responsables éliminés par une frappe de drone

Des centaines de soldats américains sont déployés dans le nord-est de la Syrie dans le cadre d’une coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis, qui continue de combattre avec ses alliés kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), les cellules dormantes de Daesh.

Le commandement américain a ensuite indiqué dans un second communiqué avoir tué deux autres responsables du groupe djihadiste lors d’une frappe aérienne dans le nord de la Syrie. Cette deuxième attaque aurait, selon Centcom, permis de tuer « à la fois Abu-Hashum al-Umawi (…) et un autre haut responsable » de Daesh, sans toucher de civils.

« Cette frappe va affaiblir la capacité de (Daesh) à déstabiliser la région et à frapper nos forces et nos partenaires », a commenté le patron du commandement américain dans la région, le général Michael Kurilla.

Contrebande

A Damas, la télévision d’Etat syrienne a fait état d’une opération héliportée des « forces d’occupation américaines » dans laquelle une personne a été tuée. Elle n’a pas donné d’autres précisions. « Trois hélicoptères américains transportant des troupes ont atterri » près du village de Moulouk Saray, a indiqué à l’AFP un habitant de la localité.

Les militaires américains « ont appelé à l’aide de haut-parleurs les habitants à rester chez eux », avant de perquisitionner une maison. Ils y ont « tué une personne et enlevé deux », a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat. D’après lui, la personne tuée était un déplacé de la province syrienne de Hassaké, peu connu des habitants et qui se faisait appeler Abou Hayel. Le villageois a affirmé qu’un échange de tirs avait opposé les soldats américains à une force supplétive du régime syrien.

Cellules dormantes

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 en Irak et en Syrie voisine et la conquête de vastes territoires, Daesh a vu son « califat » autoproclamé s’effondrer sous le coup d’offensives successives. Il a été défait en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie. Mais le groupe extrémiste sunnite responsable de multiples exactions continue de mener des attaques à travers des cellules dormantes dans ces deux pays.

Les Etats-Unis continuent eux de cibler les dirigeants de Daesh. En juillet, ils ont annoncé avoir tué un haut responsable dans une frappe de drone dans le nord-ouest de la Syrie. En juin, ils ont fait état de la capture d’un chef djihadiste lors d’une opération héliportée dans le nord de la Syrie.

Le chef de Daesh Abou Bakr al-Baghdadi a été tué lors d’un raid américain en 2019 et son successeur, Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, a été éliminé en février 2022 dans une opération des forces spéciales américaines dans le nord-ouest de la Syrie, une région largement contrôlée par les djihadistes. La guerre complexe en Syrie, pays morcelé où interviennent différents protagonistes, a fait environ 500.000 morts depuis 2011.