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fake offNordstream : Non, l’Otan ne mène pas l’enquête sur les soupçons de sabotage

Nordstream : Non, l’Otan ne mène pas l’enquête sur les soupçons de sabotage des gazoducs

fake offLes services de police, de la marine et du renseignement du Danemark, de la Suède et de l’Allemagne collaborent sur l’enquête pour déterminer qui est responsable des fuites des gazoducs Nordstream 1 et 2
Une quatrième fuite a été trouvée fin septembre sur le gazoduc Nordstream 2 dans la zone économique exclusive de la Suède.
Une quatrième fuite a été trouvée fin septembre sur le gazoduc Nordstream 2 dans la zone économique exclusive de la Suède.  - CHINE NOUVELLE/SIPA / XinHua
Emilie Jehanno

Emilie Jehanno

L'essentiel

  • Plusieurs tweets viraux dénoncent l’enquête sur les soupçons de sabotage des gazoducs Nordtream 1 et 2 « menée par l’Otan, qui n’est pas neutre ».
  • Mais cette enquête est menée conjointement par les services de police, de la marine et du renseignement des pays limitrophes : la Suède, l’Allemagne et le Danemark.
  • Dans une conférence de presse le 30 septembre, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a indiqué que l’organisation collaborerait à l’enquête en partageant des renseignements.

A peine commencée, l’enquête sur les soupçons de sabotage des gazoducs Nordstream 1 et 2, qui relient la Russie à l’Allemagne en mer Baltique, est déjà accusée de partialité. Dans un tweet viral, partagé près de 3.000 fois, un internaute pointe que « l’enquête menée par l’Otan n’est pas neutre ». Un autre post explique que « c’est finalement l’Otan qui va mener l’enquête sur le sabotage de NordStream alors que le faisceau d’indices orienterait sur une intervention américaine ou otanienne ». Et conclut : « On ne peut pas dire que c’est une équipe qui peut sortir un compte rendu objectif. »


Capture d'écran d'un tweet viral expliquant que "l'enquête menée par l'Otan n'est pas neutre".
Capture d'écran d'un tweet viral expliquant que "l'enquête menée par l'Otan n'est pas neutre".  - Capture d'écran/Twitter

C’est à partir d’une séquence sur LCI, le 4 octobre 2022, que cette affirmation est devenue particulièrement virale. Dans l’émission « 24h Pujadas », l’ancien général de brigade Henri Pinard-Legry donne son avis sur la tenue de l’enquête : « La Suède souhaite rentrer dans l’Otan, le Danemark y est. […] Là, c’est l’Otan qui va mener une enquête alors que le faisceau d’indices aurait tendance à nous orienter sur une intervention plutôt américaine ou au moins otanienne. »

FAKE OFF

Or, ce n’est pas l’Otan qui est en charge de l’enquête sur le sabotage des gazoducs Nordstream. Elle est menée conjointement par les services des pays limitrophes : la Suède, l’Allemagne et le Danemark. Pour rappel, l’Otan, Organisation du traité de l’Atlantique nord, est une alliance politique et militaire de 30 pays visant à « garantir la sécurité de ses membres », l’Allemagne et le Danemark en font partie et la Suède a demandé son adhésion en juin 2022, un changement stratégique lié à l’invasion russe de l’Ukraine.



Contacté le ministère de l’Intérieur allemand nous a précisé le dispositif : une équipe commune, composée d’enquêteurs des trois pays, a été formée en vertu du droit de l’Union européenne. « Nous devons révéler les faits derrière cette attaque grave contre une infrastructure énergétique européenne », a soutenu, dans une déclaration reçue par mail, Nancy Feaser, la ministre allemande de l’Intérieur, ce qui requerra « l’expertise combinée des services de la marine, de la police et du renseignement ».


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Avec la Pologne, ces trois pays ont aussi décidé de renforcer et de coordonner leurs patrouilles maritimes pour « maximiser notre présence en mer », ajoute la ministre de l’Intérieur allemande.

L’Otan partagera des renseignements

Interrogé sur sa participation dans l’enquête, l’Otan nous a renvoyés vers « les autorités nationales concernées ». Et vers les propos tenus lors d’une conférence de presse le 30 septembre par le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg. Celui-ci a assuré que les alliés défendront leurs infrastructures stratégiques et participeront à l’enquête en cours afin de « déterminer qui se cache derrière ces attaques ».


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Cette collaboration prendra la forme d’un partage de renseignements à travers les données récoltées par les navires ou avions des pays membres de l’Alliance et présents dans la zone. « Nous allons intensifier notre partage de renseignements » a précisé Jens Stoltenberg, notamment des informations collectées par le commandement maritime unique de l’Otan (Marcom), situé à Northwood au Royaume-Uni. « Nous examinons également certaines des données collectées au cours des dernières semaines et mois pour voir si nous pouvons découvrir quelque chose lié aux attaques contre les deux pipelines », a-t-il ajouté.

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