Etats-Unis : L’US Navy déploie l’USS Gerald Ford, son premier porte-avions de nouvelle génération

ARMEMENT Le navire, qui peut peser plus de 100.000 tonnes tout en atteignant une vitesse de 54 km/h, n’est toutefois pas encore prêt à combattre

20 Minutes avec AFP
L'USS Gerald Ford, lors de son départ de Norfolk, le 4 octobre 2022.
L'USS Gerald Ford, lors de son départ de Norfolk, le 4 octobre 2022. — AFP

Les Etats-Unis auront déboursé pas moins de 13 milliards de dollars pour ce bateau. L’US Navy a déployé mardi son premier porte-avions de nouvelle génération, l’USS Gerald Ford.

D’une longueur de 335 mètres, ce navire à propulsion nucléaire a quitté en milieu de journée son port d’attache de Norfolk, sur la côte est, escorté par son groupe aéronaval, pour plusieurs semaines de manœuvres avec les marines de neuf pays alliés, dont la France.

Le John Kennedy actuellement en construction

Les exercices multinationaux dans l’Atlantique seront focalisés sur la défense antiaérienne, le combat antisubmersibles, les mesures antimines et les opérations amphibies. Ils impliqueront 9.000 personnes, 20 navires de guerre et 60 avions, a indiqué l’US Navy sans toutefois préciser les effectifs de chaque pays.

Les porte-avions de la classe Gerald Ford doivent remplacer la classe de porte-avions Nimitz, qui arrivent au terme de leurs 50 années de service programmées. Le John Kennedy, sur le même modèle, est actuellement en construction.

Deux ans de retard

Inauguré en 2017 par Donald Trump, après un retard de livraison de deux ans, ce 11e porte-avions de la flotte américaine a depuis subi des tests multiples, des problèmes ayant été décelés sur son système de catapulte électromagnétique. Développé pour l’US Navy par General Atomics, le système n’utilise plus le système hydraulique traditionnel pour catapulter les avions, mais un moteur à induction qui crée moins de frictions avec le métal des avions et leur permet donc une plus grande longévité. Il doit permettre d’augmenter de 25 % le nombre de décollages chaque jour.

Par ailleurs, la configuration du navire et sa production d’électricité sont conçues pour lui permettre de s’adapter à de nouveaux armements, comme les armes à énergie dirigée, durant ses 50 années de service, a noté l’US Navy en référence à des nouveaux types d’armes comme les rayonnements électromagnétiques, les armes laser ou les armes à micro-ondes.

Une vitesse de 54 km/h

Le navire, qui nécessite un équipage réduit par rapport aux porte-avions Nimitz, peut peser plus de 100.000 tonnes chargé à plein, tout en atteignant une vitesse de 54 km/h. Il est équipé d’ascenseurs géants pour faire remonter vers le pont les missiles et les bombes destinés à être chargés sur les avions, mais ces ascenseurs se sont révélés défectueux.

En outre, la marine américaine « continue d’avoir des problèmes avec la fiabilité de son système de lancement électromagnétique et le système avancé d’accrochage », qui permet aux appareils de s’arrêter à l’atterrissage, précise un rapport du GAO (Government Accountability Office), l’équivalent américain de la Cour des comptes française. L’US Navy « compte atteindre ses objectifs de fiabilité dans les années 2030 », souligne le GAO. Ce premier déploiement ne durera donc que quelques semaines, le porte-avions n’étant pas encore prêt à combattre. Il sera placé sous l’autorité d’un commandement militaire l’an prochain.