Manifestations en Iran : Le guide suprême accuse les Etats-Unis et Israël d’avoir fomenté « les émeutes »

MANIFESTATIONS « Préoccupé par les informations sur la répression », Joe Biden compte infliger « de nouvelles sanctions aux auteurs de violences »

20 Minutes avec AFP
— 
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, lors d'une cérémonie de l’armée, à Téhéran le 3 octobre 2022.
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, lors d'une cérémonie de l’armée, à Téhéran le 3 octobre 2022. — /AP/SIPA

La première réaction du guide suprême iranien aux manifestations était attendue. Et comme à son habitude, l’ayatollah Ali Khamenei a accusé lundi les ennemis jurés du régime en place à Téhéran. Selon lui, Israël et les Etats-Unis ont fomenté le mouvement de contestation déclenché par la mort de Mahsa Amini le 16 septembre.

« Je dis clairement que ces émeutes et l’insécurité sont l’œuvre des Etats-Unis, du régime sioniste (Israël) usurpateur, leurs mercenaires et certains Iraniens traîtres qui les ont aidés à l’étranger », a déclaré l’ayatollah Khamenei, 83 ans. Le mouvement de contestation est désormais entré dans sa troisième semaine et la répression s’est accrue. Dans la nuit de dimanche à lundi la police antiémeute a ainsi tiré des billes d’acier et des gaz lacrymogènes contre des étudiants à l’Université de technologie Sharif à Téhéran, la plus prestigieuse d’Iran.

Joe Biden hausse le ton

A la suite de ces événements, Washington a décidé de hausser le ton. Le président Joe Biden, « gravement préoccupé par les informations sur la répression toujours plus violente », a fait savoir lundi que les Etats-Unis infligeraient cette semaine « de nouvelles sanctions aux auteurs de violences ». « Les Etats-Unis sont aux côtés des femmes iraniennes et de tous les citoyens iraniens dont le courage est une inspiration pour le monde ».

Aux yeux du guide suprême iranien cependant, « la police est obligée de tenir tête aux criminels et d’assurer la sécurité de la société ». « La mort de la jeune fille nous a brisé le cœur, mais ce qui n’est pas normal, c’est que certaines personnes, sans preuve ni enquête, rendent les rues dangereuses, brûlent le Coran, retirent le foulard des femmes voilées, mettent le feu aux mosquées et aux voitures », a-t-il déclaré.

Le régime reconnaît environ 60 morts

« Beaucoup de femmes en Iran ne portent pas parfaitement le voile et sont de ferventes partisanes de la République islamique », a-t-il écrit sur Twitter. Surtout, d’après lui, « les Etats-Unis ne peuvent pas tolérer un Iran fort et indépendant. »

Au moins 92 personnes ont été tuées par la répression depuis le début des manifestations, selon l’ONG Iran Human Rights qui s’efforce d’évaluer le nombre de morts malgré les coupures d’Internet et les blocages d’applications comme WhatsApp ou Instagram et d’autres services en ligne en Iran. Les autorités affirment quant à elles qu’environ 60 personnes parmi lesquelles douze membres des forces de sécurité ont été tuées depuis le 16 septembre.