Midterms 2022 : Chambre, Sénat, gouverneurs… Le guide des élections américaines

« midterms monday » Retrouvez tous les lundis notre couverture des midterms du 8 novembre

Philippe Berry
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Joe Biden et les démocrates espèrent créer la surprise aux midterms et résister à la vague républicaine catalysée par Donald Trump.
Joe Biden et les démocrates espèrent créer la surprise aux midterms et résister à la vague républicaine catalysée par Donald Trump. — Photos Sipa, montage «20 Minutes»
  • Chaque lundi, « 20 Minutes » explore l’actualité et les enjeux des élections américaines de la mi-mandat, le 8 novembre.
  • Les républicains sont favoris pour reprendre le contrôle de la Chambre, mais les démocrates pourraient rester majoritaires au Sénat.
  • Joe Biden et Donald Trump jouent gros, dans un duel à distance qui pourrait fortement peser sur la présidentielle de 2024

A RELIRE : Le grand jour des midterms est arrivé ! Ce mardi 8 novembre, les électeurs américains sont appelés aux urnes pour renouveler les membres du Congrès, mais aussi d’autres postes-clés à travers le pays. Un scrutin à haut risque pour le camp démocrate et le président Joe Biden. Pour tout comprendre sur ce qui va suivre dans les prochaines heures (et peut-être les prochains jours), 20 Minutes vous propose de (re)lire ce mode emploi des midterms.

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Chaque lundi, c’est « Midterms Monday » sur 20 Minutes. Le 8 novembre, 160 millions d’Américains sont appelés aux urnes, deux ans après la victoire de Joe Biden face à Donald Trump, dans un pays plus divisé que jamais. Des élections de la mi-mandat à la fois nationales, au Congrès, et locales, avec des postes de gouverneurs et de secrétaires d’Etat cruciaux pour la prochaine présidentielle. Suivez le guide.

La Chambre : Renouvellement intégral, les républicains en position de force

Les règles sont simples : les 435 sièges sont renouvelés tous les deux ans, avec une majorité à 218. Historiquement, c’est presque toujours un vote sanction pour le locataire de la Maison-Blanche. Sur 19 midterms depuis l’après-guerre, le parti du président au pouvoir a perdu des sièges lors de 17 scrutins. Parfois, c’est même une grosse claque, comme pour Obama en 2010, avec un recul de 63 sièges.

Selon les différents modèles, les républicains ont deux chances sur trois d’être majoritaires. Joe Biden est un président historiquement impopulaire, avec 42 % de satisfaits – un score proche de celui de Trump en 2018. L’inflation galopante reste la préoccupation numéro 1 des ménages. Et il s’agit du premier scrutin depuis le recensement de 2020, avec un redécoupage des circonscriptions (le « gerrymandering ») favorable aux républicains, qui contrôlent davantage de législatures locales que les démocrates.

Les républicains n’ont besoin que d’un gain de 5 sièges pour l’emporter. Une surprise n’est cependant pas exclue : la décision de la Cour suprême, qui est revenue sur la garantie nationale du droit à l’avortement (Roe v. Wade), semble avoir galvanisé les démocrates, et la cote de popularité de Joe Biden est remontée de cinq points en deux mois après une série de succès législatifs. Tout devrait se jouer sur une vingtaine de duels serrés.

Le Sénat : Un tiers en jeu, les démocrates favoris

Là, les maths se compliquent. Les 100 sénateurs sont élus pour des mandats de six ans, avec un tiers des sièges renouvelés tous les deux ans. Cette année, il s’agit donc de la promo élue en 2016, dans le sillage de Donald Trump. Vingt-deux des 36 sièges en jeu sont actuellement occupés par des républicains, qui ont donc davantage à perdre.

Surtout, lors des primaires, les électeurs ont choisi des candidats « Maga » soutenus par Donald Trump. Très à droite, ils semblent avoir du mal à lever des fonds et à séduire les indépendants, ces centristes qui représentent 40 % de l’électorat. Car pour être élu, il faut séduire la population d’un Etat entier, et pas d’une simple circonscription taillée sur mesure comme à la Chambre.

Face à cette stratégie risquée, les démocrates peuvent compter sur des sortants solides et des candidats modérés. Selon le modèle du site FiveThirtyEight, ils ont deux chances sur trois de conserver leur infime majorité (50 sur 100 actuellement), et pourraient même gagner un ou deux sièges supplémentaires.

Les gouverneurs et les secrétaires d’Etat : Des postes clés en vue de 2024

Le 8 novembre, 36 Etats sur 50 choisissent leurs gouverneurs, et 27, leur secrétaire d’Etat. Deux postes clés dans l’organisation des élections présidentielles, et surtout dans la vérification et la certification des résultats. Après la bataille de 2020 et les pressions exercées sans succès par Donald Trump, les électeurs républicains ont choisi des candidats complotistes dans trois batailles cruciales : Arizona, Michigan et Pennsylvanie. Certains ont publiquement déclaré qu’ils n’auraient pas validé les résultats il y a deux ans. La plupart des Etats organisent également des législatives locales, et ce sont ces élus qui seront chargés de valider les listes de grands électeurs à la présidentielle de 2024.

Les référendums : Accès à l’IVG et légalisation du cannabis

Les électeurs peuvent se prononcer le 8 novembre sur des initiatives ayant recueilli assez de pétitionnaires. Dans certains cas, la constitution d’un Etat peut être amendée par référendum. Cette année, la Californie, le Vermont et le Michigan proposent de protéger le droit à l’avortement, tandis que le Montana et le Kentucky doivent se prononcer sur des restrictions. Cinq Etats pourraient rejoindre les 19 ayant déjà légalisé l’usage récréatif du cannabis (Maryland, Missouri, Arkansas, Dakota du Nord et du Sud), et le Colorado pourrait dépénaliser la possession de champignons hallucinogènes. Et si l’esclavage a été aboli au niveau fédéral en 1865, cinq Etats (Alabama, Louisiane, Oregon, Tennessee et Vermont) pourraient, enfin, symboliquement interdire toute forme de servitude.