Hong Kong : Deux hommes inculpés de sédition pour des messages sur les réseaux sociaux

MUSELAGE Ils sont accusés d'avoir publié des contenus qui « incitent à des sentiments de malveillance et d’inimitié entre les différentes classes (…) et à l’usage de la violence »

20 Minutes avec AFP
Des bannières promotionnelles et des affiches en l'honneur de la fête nationale chinoise ont été accrochées à Hong Kong, le 24 septembre 2022. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
Des bannières promotionnelles et des affiches en l'honneur de la fête nationale chinoise ont été accrochées à Hong Kong, le 24 septembre 2022. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Ryan K W Lai/SIPA

Pékin a repris en main Hong Kong, muselant toute dissidence après les immenses et souvent violentes manifestations qui ont secoué le centre financier en 2019. Deux hommes, dont un adolescent, ont été inculpés pour avoir posté des « messages séditieux » sur les réseaux sociaux, incitant à la violence, en vertu d’une loi de l’époque coloniale invoquée par le parquet.

Les deux hommes, âgés de 18 et 29 ans, ont été arrêtés mardi pour avoir publié des contenus qui « incitent à des sentiments de malveillance et d’inimitié entre les différentes classes (…) et à l’usage de la violence », a indiqué la police. Le plus jeune doit également répondre de chefs d’accusation pour avoir porté atteinte à l’hymne national chinois - notamment en « publiant intentionnellement des paroles modifiées » - et profané le drapeau national.

Appels au séparatisme

La police n’a pas précisé quels contenus ont été jugés séditieux dans les messages postés sur les réseaux sociaux par les deux hommes. Wen Wei Po, un journal pro-Pékin, a indiqué que les publications en question comprenaient des appels au séparatisme ou à des sanctions contre les magistrats et les policiers en charge de la sécurité nationale.

La sédition est un concept flou qui peut s’appliquer à toute parole de « haine, outrage ou désaffection » à l’égard du gouvernement. Elle est passible d’une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour une première condamnation. Ce délit s’applique en vertu d’une loi promulguée en 1938, à l’époque où le territoire était une colonie britannique.

Chasse aux militants prodémocratie

Le texte était tombé dans l’oubli pendant des décennies jusqu’à ce que des procureurs l’invoquent à nouveau, après les manifestations. La semaine dernière, les autorités de Hong Kong ont arrêté pour sédition un homme qui avait joué l’hymne britannique à l’harmonica pour la foule amassée devant le consulat britannique durant les funérailles de la reine Elizabeth II.

Depuis 2020, les autorités utilisent également une nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin pour poursuivre des militants prodémocratie et des figures de l’opposition. A la mi-septembre, Hong Kong avait arrêté 215 personnes au nom de cette loi sur la sécurité nationale et près de 130 d’entre eux ont été inculpés.