Colombie : Profitant d’une nouvelle loi, un sénateur vient avec son cheval au parlement

PROTECTION DES ANIMAUX Une élue écologiste pense qu’il a voulu ainsi « ridiculiser » le choix du parlement d’autoriser les parlementaires de venir avec leurs animaux de compagnie

20 Minutes avec AFP
Le sénateur colombien Alirio Barrera et son cheval, devant le parlement, à Bogota le 27 septembre 2022.
Le sénateur colombien Alirio Barrera et son cheval, devant le parlement, à Bogota le 27 septembre 2022. — AFP

C’est une première mondiale qui a entraîné une conséquence atypique. Les parlementaires de la Colombie peuvent désormais siéger avec leurs animaux de compagnie. Le sénateur de droite Alirio Barrera, lui, ne s’est pas présenté lundi dans l’hémicycle à Bogota avec son chat ou son chien, mais perché sur son imposant cheval blanc.

Le membre du parti Centre Démocratique a d’abord déambulé sur sa monture dans les rues du centre de la capitale, avant de s’aventurer dans les couloirs du parlement pour revendiquer l’importance des équidés pour les campagnes colombiennes. « C’est un hommage aux paysans, aux hommes et aux femmes, aux gardiens de troupeaux qui vivent avec les chevaux. A tous ces gens qui travaillent dans les champs », a déclaré l’élu en tenant son cheval blanc par la bride.

Le premier parlement « pet-friendly »

La semaine dernière, le président du Sénat, Roy Barreras, avait annoncé depuis le perchoir, avec son chien sur les genoux, que les parlementaires pourraient désormais venir accompagnés de leurs animaux de compagnie. De quoi faire du parlement colombien « le premier au monde qui soit pet-friendly », s’est-il félicité.

« Mon animal de compagnie, c’est mon cheval », a affirmé Alirio Barrera au côté de son destrier baptisé « Pasaporte ». « Certains ont leurs animaux de compagnie, leurs chats, leurs chiens, j’ai mon cheval et si la loi est pour l’un, qu’elle le soit pour tous », a expliqué le sénateur, chapeau de paille sur la tête.

La corrida et les combats de coq restent autorisés

Un coup d’éclat qui cependant n’a pas plu au banc écologiste. La sénatrice Andrea Padilla a pointé du doigt « une attitude immature avec laquelle il a voulu ridiculiser une bonne décision du parlement ». « Ce n’est pas la même chose d’emmener un chien au bureau qu’un cheval, un cheval souffre sur l’asphalte, sur le trottoir, il souffre sur ces sols cirés », a-t-elle dénoncé.

En Colombie, la loi protège depuis 1989 les animaux sauvages et domestiques de souffrances infligées par les êtres humains, avec des exceptions pour les pratiques dites culturelles, comme la corrida ou les combats de coq dont le sénateur Barrera est un défenseur.