Guerre en Ukraine : L’UE affirme que les fuites sur Nord Stream sont un « sabotage »

ACCUSATIONS Le Kremlin s’est quant à lui dit « extrêmement préoccupé », estimant qu’il ne fallait exclure « aucune » hypothèse

20 Minutes avec AFP
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Une importante perturbation de la mer observée le 27 septembre 2022 au large de l'île danoise de Bornholm le mardi 27 septembre 2022 à la suite d'une série de fuites inhabituelles sur deux gazoducs Nord Stream.
Une importante perturbation de la mer observée le 27 septembre 2022 au large de l'île danoise de Bornholm le mardi 27 septembre 2022 à la suite d'une série de fuites inhabituelles sur deux gazoducs Nord Stream. — /AP/SIPA
  • Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique sont touchés par des fuites spectaculaires, mystérieuses et précédées d’explosions sous-marines.
  • Tout comme le Premier ministre polonais, la présidente de la Commission européenne parle « de sabotage », tandis que la Première ministre danoise considère ces « actes délibérés ». Kiev dénonce pour sa part « une attaque terroriste planifiée » par le Kremlin, sans toutefois avancer de preuves. Côté américain, Washington s’est par contre refusé à « confirmer » un acte de sabotage. « Extrêmement préoccupé », Moscou estime qu’il ne faut exclure « aucune » hypothèse.
  • Les fuites devraient durer « au moins une semaine », selon Copenhague qui juge que ces incidents sont sans conséquences pour la sécurité ou la santé des riverains. L’impact environnemental direct devrait lui aussi être limité, même si le gaz naturel non brûlé a un puissant effet de serre.

L’Union européenne est claire : les problèmes sur Nord Stream sont le fruit d’un « sabotage », la réponse sera donc « la plus ferme possible ». Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires précédées d’explosions sous-marines.

Les trois grandes fuites identifiées depuis lundi au large de l’île danoise de Bornholm, sont visibles à la surface avec des bouillonnements allant de 200 mètres jusqu’à un kilomètre de diamètre, a annoncé mardi l’armée danoise. Nord Stream 2 avait subi une forte chute de pression lundi, suivi quelques heures plus tard de Nord Stream 1, dont il suit le tracé sous la Baltique.

« On ne parle pas d’un accident »

La présidente de la Commission européenne a écrit mardi soir sur Twitter avoir « parlé de l’acte de sabotage Nord Stream » avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen. « Il est primordial d’enquêter sur les incidents et de faire toute la lumière sur les événements (…) Toute perturbation délibérée de l’infrastructure énergétique européenne active est inacceptable et entraînera la réponse la plus ferme possible », a ajouté Ursula von der Leyen.

Peu avant, la Première ministre danoise avait déclaré que « l’avis clair des autorités est qu’il s’agit d’actes délibérés. On ne parle pas d’un accident ». « Des détonations ont eu lieu et il s’agit probablement de sabotage », a renchéri la Première ministre suédoise démissionnaire Magdalena Andersson. Comme le Danemark, la Suède n’y voit par contre pas un acte d’agression contre elle, les incidents ayant eu lieu en dehors des eaux territoriales, dans les zones économiques exclusives. Selon Copenhague, les fuites devraient durer « au moins une semaine », jusqu’à ce que tout le gaz soit sorti des deux ouvrages.

L’institut sismique suédois a enregistré deux explosions sous-marines, « très probablement dues à des détonations », avant l’incident, comme ses équivalents norvégien et danois. Le Kremlin, vers qui se sont tournés nombre de regards, s’est pour sa part dit « extrêmement préoccupé », estimant qu’il ne fallait exclure « aucune » hypothèse, dont le sabotage.



Le conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak a dénoncé « une attaque terroriste planifiée » par Moscou, sans avancer de preuves. Le Premier ministre polonais a également suggéré une implication russe. « Nous voyons clairement que c’est un acte de sabotage », a déclaré Mateusz Morawiecki. « Il n’y a pas encore d’information nous disant quelque chose sur les responsables », a toutefois estimé la Première ministre danoise. Côté américain, Washington s’est refusé à « confirmer » un acte de sabotage. Enfin, le consortium Nord Stream, a reconnu qu' « un incident durant lequel trois tuyaux éprouvent simultanément des difficultés le même jour n’est pas ordinaire ».

La navigation interdite dans la zone

Le Danemark a dépêché sur place deux navires militaires accompagnés d’hélicoptères, et a placé en état d’alerte orange ses infrastructures énergétiques, le deuxième niveau de vigilance le plus élevé. La navigation a été interdite dans un rayon de cinq milles nautiques (environ neuf kilomètres) autour des trois fuites, ainsi que leur survol dans un rayon d’un kilomètre. Selon les autorités danoises, les incidents sont sans conséquences pour la sécurité ou la santé des riverains. L’impact environnemental direct devrait lui aussi être limité, même si le gaz naturel non brûlé a un puissant effet de serre.