Guerre en Ukraine : Le « oui » l’emporte aux référendums d’annexion et des fuites touchent les gazoducs Nord Stream

récap' Ce mardi 27 septembre, « 20 Minutes » fait le point pour vous, comme tous les soirs, sur l’avancée du conflit en Ukraine

Anissa Boumediene
— 
La commission électorale de Russie a annoncé mardi que le "oui" l'emportait lors des "référendums" d'annexion.
La commission électorale de Russie a annoncé mardi que le "oui" l'emportait lors des "référendums" d'annexion. — SIPA
  • La Russie a lancé son « opération militaire » en Ukraine le jeudi 24 février. Tous les soirs, à 19h30, « 20 Minutes » vous propose son point récap' sur le conflit diplomatique russo-ukrainien devenu une guerre qui fait chaque jour des morts, des blessés et des milliers de réfugiés.
  • Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Et qui soutient qui et pourquoi ? Vous saurez tout sur l’avancée des négociations et sur les événements de cette crise qui secoue la Russie, l’Ukraine, l’Europe ou encore les Etats-Unis.
  • Ce mardi, la Russie affirme que le « oui » l’emporte largement lors des « référendums » d’annexion qu’elle a organisés dans quatre zones d’Ukraine contrôlées par Moscou.

Ce mardi 27 septembre, « 20 Minutes » fait le point pour vous, comme tous les soirs, sur l’avancée du conflit en Ukraine.

L’info du jour

Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires, mystérieuses et précédées d’explosions sous-marines qui alimentent les soupçons de sabotage. Danemark et Suède ont confirmé mardi matin être confrontés à trois fuites, espacées entre elles, sur les deux gazoducs. Une des fuites sur Nord Stream 1 s’est produite dans la zone économique exclusive danoise, l’autre dans la zone suédoise. L’institut sismique suédois a indiqué avoir enregistré deux explosions sous-marines, « très probablement dues à des détonations », avant l’incident.

Le Kremlin, vers qui se sont tournés nombre de regards, s’est dit « extrêmement préoccupé », estimant qu’il ne fallait exclure « aucune » hypothèse, y compris celle d’un sabotage. Mais à Kiev, le conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, a dénoncé « une attaque terroriste planifiée » par Moscou, sans avancer de preuves. Le Premier ministre polonais a lui aussi suggéré une implication russe, sans viser directement Moscou. « Nous voyons clairement que c’est un acte de sabotage, qui marque probablement la prochaine étape de l’escalade de la situation en Ukraine », a déclaré Mateusz Morawiecki, qui inaugurait justement ce mardi un gazoduc reliant la Norvège à la Pologne.

L’exploitant des pipelines, le consortium Nord Stream, dit n’avoir pas encore évalué les dégâts, mais a reconnu le caractère exceptionnel de la situation. « Un incident durant lequel trois tuyaux éprouvent simultanément des difficultés le même jour n’est pas ordinaire », a déclaré un porte-parole.

Le chiffre du jour

« 97 à 98 % ». La commission électorale de Russie a annoncé mardi que le « oui » l’emportait entre 97 et 98 % des suffrages lors des « référendums » d’annexion, après dépouillement de 20 à 27 % des votes, selon des résultats préliminaires portant sur les bureaux de vote en territoire russe. Dans le même temps, le comptage commençait dans les régions ukrainiennes sous contrôle de Moscou, ont rapporté les agences Ria Novosti, TASS et Interfax.

Des centaines de milliers d’Ukrainiens sont venus en Russie pour échapper aux combats en Ukraine, et la commission électorale a ouvert des bureaux de vote pour cette diaspora en territoire russe. « Il est déjà clair que la majorité écrasante des gens ont soutenu la sortie de l’Ukraine et l’union avec la Russie », a commenté le chef de l’administration d’occupation de Kherson, Vladimir Saldo, au sujet de la zone sous son contrôle.

De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a balayé la valeur de ces votes. « Cela ne changera rien à notre politique, notre diplomatie et à nos actions sur le terrain militaire », a indiqué Dmytro Kouleba lors d’une conférence de presse à Kiev avec son homologue française, Catherine Colonna.

La phrase du jour

Nous ne reconnaîtrons pas, nous ne reconnaîtrons jamais, l’annexion de territoire ukrainien par la Russie »

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a affirmé mardi que les Etats-Unis et leurs alliés ne « reconnaîtront jamais » l’annexion par la Russie de territoires en Ukraine. « Nous-mêmes et de nombreux autres pays avons été clairs. Nous ne reconnaîtrons pas, nous ne reconnaîtrons jamais, l’annexion de territoire ukrainien par la Russie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Une déclaration au diapason avec celle du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg : « Les référendums fictifs organisés par la Russie n’ont aucune légitimité et constituent une violation flagrante du droit international. Ces terres sont l’Ukraine », a-t-il tweeté après un entretien avec le président Volodymyr Zelensky. Ce mardi soir, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a également qualifié ces référendums d’annexion de « mascarade ».

La tendance du jour

L’exode se poursuit. La Géorgie et le Kazakhstan, deux pays voisins de la Russie, ont confirmé mardi une forte hausse des arrivées de Russes depuis la mobilisation décrétée le 21 septembre par le président Vladimir Poutine. Les arrivées de Russes en Géorgie ont presque doublé. « Le nombre a augmenté à quelque 10.000 par jour. Par exemple, ils étaient 11.200 dimanche et moins de 10.000 lundi », contre « 5.000 à 6.000 » juste avant l’annonce de la mobilisation en Russie le 21 septembre, a indiqué le ministère de l’Intérieur de ce pays du Caucase.

A la frontière avec la Géorgie, les autorités de la région russe d’Ossétie du Nord ont admis une « situation tendue » au poste de contrôle de Verkhni Lars. Le ministère local de l’Intérieur a annoncé l’installation prochaine d’un « commissariat militaire de mobilisation » dans la zone frontalière afin de recruter les réservistes qui tentent de partir.

De son côté, le ministère de l’Intérieur du Kazakhstan, une ex-république soviétique d’Asie centrale, a indiqué que 98.000 citoyens Russes étaient arrivés dans le pays depuis le 21 septembre. Le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, a lui assuré mardi que son pays, un allié traditionnel de Moscou mais qui a pris ses distances depuis l’offensive en Ukraine, protégerait les Russes qui fuient vers le Kazakhstan pour échapper à la mobilisation. « Nous devons nous occuper d’eux, assurer leur sécurité », a-t-il déclaré.