Russie : Surnommé le « cuisinier de Poutine », Evguéni Prigojine admet avoir créé Wagner

GROUPE PARAMILITAIRE Depuis huit ans, la présence de Wagner a été documentée en Ukraine, en Syrie, en Libye, en Centrafrique et au Mali

20 Minutes avec AFP
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Vladimir Poutine et Evguéni Prigojine, près de Saint-Pétersbourg le 20 septembre 2010.
Vladimir Poutine et Evguéni Prigojine, près de Saint-Pétersbourg le 20 septembre 2010. — AFP

Les services secrets occidentaux ont leur confirmation. Evguéni Prigojine, un homme d’affaires proche du Kremlin, a reconnu lundi avoir fondé en 2014 le groupe paramilitaire Wagner, présent dans de nombreux conflit dans le monde, le qualifiant de « pilier » de la défense des intérêts russes.

Celui qu’on surnomme le « cuisinier de Poutine », car sa société de restauration a approvisionné le Kremlin, admet ainsi ce que puissances occidentales et médias affirmaient depuis longtemps.

L’armée de l’ombre de Poutine

Wagner, dont la présence a été documentée depuis huit ans en Ukraine, en Syrie, en Libye ou encore en Centrafrique et au Mali, est perçu par ses détracteurs comme l’armée de l’ombre de Vladimir Poutine, promouvant les intérêts russes en fournissant des combattants, mais aussi des instructeurs militaires et conseillers. Le président russe avait démenti, il y a un an, que le groupe réalisait ses basses-oeuvres et servait les intérêts de l’Etat russe.

L’aveu de Evguéni Prigojine intervient après la diffusion ce mois-ci sur les réseaux sociaux d’une vidéo semblant le montrer en train de recruter des prisonniers dans un pénitencier de Russie pour aller se battre dans les rangs de Wagner sur le front ukrainien. L’armée russe y est en difficulté, et Vladimir Poutine a ordonné la semaine dernière une mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour tenter de reprendre la main.

Dans une publication lundi sur les réseaux sociaux de son entreprise Concord, Evguéni Prigojine reconnaît donc avoir fondé le groupe afin d’envoyer des combattants compétents au Donbass ukrainien en 2014, où Moscou a orchestré l’émergence d’un mouvement séparatiste armé. « C’est à ce moment-là, le 1er mai 2014 qu’est né un groupe de patriotes qui a pris le nom de Groupe tactique de bataillon Wagner ». « Et maintenant un aveu (…) ces gars, des héros, ont défendu le peuple syrien, d’autres peuples de pays arabes, les démunis africains et latino-américains, ils sont devenus un pilier de notre patrie », a-t-il encore affirmé.

L’inconnu Dmitri Outkine

Regard perçant et crâne rasé, Evguéni Prigojine est à 61 ans une des figures les plus troubles du système poutinien, sanctionné notamment par l’Union européenne pour son rôle dans le groupe Wagner. En Russie, il a poursuivi en justice l’opposant numéro un du Kremlin, Alexeï Navalny, aujourd’hui incarcéré. Il est aussi accusé d’être derrière au moins une « usine à trolls » qui a participé aux ingérences dans la présidentielle américaine de 2016 qui avait vu la victoire de Donald Trump. Il a d’ailleurs été sanctionné par les Etats-Unis.

S’il est aux finances de Wagner, les commandes opérationnelles sont, selon des médias russes, entre les mains de Dmitri Outkine. Toutefois, peu de choses sont connues de cet homme d’une cinquantaine d’années qui serait passé par le renseignement militaire russe.