Des gardiens suisses laissent un détenu mourir d'asphyxie

SUISSE Il avait mis le feu à son matelas, ses gardiens ont refusé de lui porter assistance tout en se moquant de lui...

M.N.

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«Ça fait cinquante minutes qu'il respire, il peut crever...». De lourds soupçons pèsent sur l’administration pénitentiaire et la police suisses après qu’un détenu de 30 ans est mort le 11 mars dernier, asphyxié par un feu dans sa cellule de la prison de Bochuz, dans le canton de Vaud, sans que personne ne lui porte secours.

Selon les enregistrements audio de la prison, les gardiens du prisonnier auraient délibérément choisi de ne pas secourir le jeune homme, qui avait mis le feu à son matelas après s’être fait confisquer sa radio, le laissant près d’une heure dans sa cellule envahie de fumée avant que la police spéciale -la seule à pouvoir normalement intervenir- n’arrive.

Moqueries sur le prisonnier agonisant

Sur les bandes audio, reprises notamment par RTL et retranscrites par lematin.ch, on entend un des gardiens expliquer au téléphone: «Ça fait cinquante minutes qu'il respire, il peut crever...». Le policier lui répond: «Eh bien, ça lui fait du bien !». On entend ensuite un représentant du groupe d'intervention de la police vaudoise qui lâche: «Ah, ce connard! Il a mis le feu à son matelas?». «Rigole pas!», lui enjoint son interlocuteur avant de rire à son tour. Le détenu sera finalement retrouvé mort dans sa cellule.

Cet homme imposant de 30 ans avait été condamné en 2001 à 20 mois pour «dommages à la propriété, vol, injures, menaces», mais il est incarcéré depuis presque 10 ans. L'administration pénitentiaire l'avait jugé «dangereux» -il était monté sur le toit de sa prison en 2008 pour protester contre ses conditions de détention- et le code pénal suisse permet d'isoler ce type de détenu pour une durée illimitée au-delà de sa peine.