Législatives : Les Italiens votent, l’extrême droite y croit

europe Les Italiens votent pour leur nouveau parlement ce dimanche, alors que l’extrême droite devrait entrer en force et proposer le Premier ministre qui succédera à Mario Draghi

20 Minutes avec AFP
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Giorgia Meloni
Giorgia Meloni — Pasquale Gargano/Pacific Press/S

C’est l’heure du vote en Italie. Plus de 50 millions d’Italiens sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur parlement, un scrutin menacé par le mauvais temps, et où l’extrême droite devrait entrer en force et proposer le Premier ministre qui succédera à Mario Draghi.

Avant même l’ouverture des bureaux de vote à 7 heures, des gens faisaient la queue sous un ciel sombre, a constaté l’AFP à Rome. Le scrutin se terminera à 23 heures lorsque les premiers sondages à la sortie des urnes donneront un aperçu des résultats.



Meloni, la grande favorite

A seulement 45 ans, Giorgia Meloni, la cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, crédité de près d’un quart des voix dans les derniers sondages, est favorite pour prendre la tête d’un gouvernement de coalition au sein duquel l’extrême droite dominerait largement la droite classique.

Un séisme à l’échelle de l’Italie, pays fondateur de l’Europe et troisième économie de la zone euro, mais aussi de l’UE, qui devrait composer avec cette idéologue proche du Premier ministre hongrois Viktor Orban. « En Europe, ils sont tous inquiets de voir Meloni au gouvernement (…) La fête est finie, l’Italie va commencer à défendre ses intérêts nationaux », a-t-elle mis en garde durant sa campagne.

Cette ex-fan de Mussolini, dont la devise est « Dieu, patrie, famille », a réussi à dédiaboliser son parti et catalyser sur son nom les mécontentements et frustrations de ses compatriotes en campant dans l’opposition alors que tous les autres partis soutenaient le gouvernement d’unité nationale de Mario Draghi.

Des surprises ?

Mais la messe n’est pas dite : « imprévisibles, les élections se jouent sur l’émotion et au dernier moment », rappelle à l’AFP Emiliana De Blasio, professeure de sociologie à l’université Luiss de Rome, tout en soulignant le rôle-clé des indécis, estimés à 20 % environ, et l’importance du taux final de participation.

Les scores du Mouvement 5 Etoiles (M5S, ex-antisystème), crédité d’avoir institué un revenu minimum pour les plus pauvres, et du Parti démocrate (PD, gauche), bien implanté localement, pourraient réserver des surprises, notamment dans le sud du pays. Quel que soit le gouvernement issu des élections, qui ne prendra ses fonctions que fin octobre, son chemin apparaît d’ores déjà semé d’embûches.

La crise à gérer

Il devra gérer la crise causée par la flambée des prix alors que l’Italie croule sous une dette représentant 150 % du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. Dans ce contexte, la manne du plan européen de relance post-pandémie, dont l’Italie est de loin le premier bénéficiaire, sera indispensable pour maintenir à flot la péninsule.

Comme la Française Marine Le Pen, Giorgia Meloni a finalement renoncé à sortir de l’euro, mais elle réclame une « révision des règles du Pacte de stabilité », suspendues en raison de la crise sanitaire, qui fixent un plafond de 3 % du PIB pour le déficit et de 60 % pour la dette. Son arrivée au pouvoir se traduirait également par un cadenassage du pays, où débarquent chaque année des dizaines de milliers de migrants, une perspective qui inquiète les ONG secourant les embarcations fuyant la misère en Afrique.

Alors que l’instabilité gouvernementale de l’Italie est légendaire, les experts s’accordent déjà sur la courte espérance de vie de cette coalition où Giiorgia Meloni aura fort à faire pour gérer ses encombrants alliés, que ce soit l’inusable Silvio Berlusconi ou le tribun antimigrants Matteo Salvini.