Nuage de cendres: les compagnies font déjà les comptes

ECONOMIE Avec leurs avions cloués au sol, le bilan financier s'annonce lourd...

O.R. avec agence

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L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) a demandé lundi 19 avril une ouverture au moins partielle de l'espace aérien.
L'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) a demandé lundi 19 avril une ouverture au moins partielle de l'espace aérien. — BOBO MARKS / SIPA

35 millions d’euros de perte par jour pour Air France-KLM, 17 à 26 millions pour British Airways ou encore 5 à 9 millions pour la compagnie SAS. Les compagnies aériennes font déjà les comptes des conséquences du nuage de cendres volcaniques ayant entraîné la fermeture d’une grande partie du ciel européen.

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Au cinquième jour de perturbation du trafic, l'Association internationale du transport aérien (IATA) a tiré la sonnette d'alarme. «L'ampleur de cette crise est désormais plus importante que le 11-Septembre», a jugé Giovanni Bisignani, le directeur de cette association qui représente 230 compagnies aériennes dans le monde.

Le manque à gagner pour les compagnies, qui ont vu plonger leurs cours de bourse lundi, est estimé à plus de 200 millions de dollars (148 millions d'euros) par jour par l’IATA. Mais il faut aussi ajouter des coûts supplémentaires comme le déroutement des avions vers les aéroports ouverts, le logement des passagers ou des équipages bloqués loin de chez eux et l'entretien d'avions éloignés de leur base.

Difficile pour les petites compagnies

Par ailleurs, même en période d'activité réduite, «les compagnies ont de toute façon des salaires à verser, des coûts fixes», souligne un analyste parisien.

La situation est cependant très diverse selon les compagnies, ajoute-t-il. Certaines comme SAS, de taille moyenne et dont la trésorerie a déjà été fragilisée par la crise, auront plus de mal à s'en sortir. La compagnie scandinave envisage d'ailleurs de mettre à pied une partie de son personnel.

Couper l’amélioration

Les mastodontes du transport européen comme Air France-KLM, Lufthansa ou British Airways (BA) ont en revanche les reins plus solides pour faire face à des difficultés temporaires.

BA, dont tous les vols ont été annulés lundi, s'est ainsi voulue rassurante, soulignant avoir assez de fonds (1,93 milliard d'euros en caisse) «pour soutenir une période de fermeture considérable de l'espace aérien britannique».

Reste que l'actuelle paralysie risque de couper dans son élan un secteur qui était en train de se remettre des lourdes conséquences de la crise économique.