Scandales pédophiles: l'allusion du Vatican à l'antisémitisme déclenche une polémique

EGLISE Des associations de victimes d'abus sexuels se disent «choquées»...

P.B. avec agence

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Benoît XVI lors de la célébration du Vendredi Saint à la basilique St Pierre, le 2 avril 2010
Benoît XVI lors de la célébration du Vendredi Saint à la basilique St Pierre, le 2 avril 2010 — REUTERS/G.Sposito

Un chemin de croix. Secouée par une cascade de scandales d'abus sexuels sur des mineurs de la part de prêtres et religieux, souvent couverts par leur hiérarchie, l'Eglise catholique a tenté de se défendre vendredi.

Le prédicateur de la maison pontificale a lu devant le pape la lettre d'un «ami juif» de «solidarité» au pape et à l'Eglise. «Je suis avec dégoût l'attaque violente et concentrique contre l'Eglise (et) le pape», écrit l'auteur de la lettre. «L'utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l'antisémitisme», poursuit-il.

«Une insulte pour les victimes d'abus sexuels et les Juifs»

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a bien déclaré à l'AFP qu'il s'agissait «d'une lettre lue par le prédicateur, et non pas de la position officielle du Vatican», le mal est fait.

 

«Cela fait mal au coeur de voir un responsable de haut rang du Vatican, une personne avisée, faire des remarques aussi sévères, qui sont une insulte aussi bien pour les victimes d'agressions sexuelles que pour les juifs», a déclaré dans un communiqué David Clohessy, qui dirige un groupe de défense des victimes de prêtres pédophiles, le SNAP (Survivors Network ot those Abused by Priests).

Manifestations à New York

Au cours de ce sermon consacré à la violence, le père Cantalamessa avait affirmé auparavant qu'il ne parlerait pas de «celles infligées aux enfants dont se sont entachés de façon infâme un nombre conséquent d'éléments du clergé», car «on en parle déjà suffisamment en dehors d'ici».

Alors qu'il démarrait les célébrations du week-end pascal vendredi soir, Benoît XVI a reçu le soutien de nombreuses personnalités de l'Eglise, des quatre coins du monde. En France, quelque 70 intellectuels ont appelé les médias à une «éthique de responsabilité» et rendu «hommage au pape de sa volonté de faire la lumière sur ces cas», dans une lettre publiée sur Internet.

De l'autre côté de l'Atlantique en revanche, on ne décolère pas. A New York, une dizaine de victimes de prêtres pédophiles ont manifesté devant la cathédrale Saint Patrick, pendant la célébration de la liturgie du Vendredi Saint. «Je veux, avec beaucoup d'autres, montrer que les victimes ne veulent plus se taire», a déclaré à l'AFP Tim Walsh, un Américain de 47 ans qui affirme avoir subi des abus sexuels de la part d'un prêtre pendant des années alors qu'il était enfant.