Le Caucase, épicentre du terrorisme en russie

À Moscou, Frédérick Lavoie

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Des véhicules endommagés après les deux explosions qui ont endeuillé Kizliar, hier.
Des véhicules endommagés après les deux explosions qui ont endeuillé Kizliar, hier. — Z.Halikov/ap/sipa

Les rebelles islamistes du Caucase récidivent. Deux jours après le double attentat dans le métro de Moscou, revendiqué hier par le groupe rebelle islamiste l'Emirat du Caucase, deux kamikazes se sont fait exploser hier devant le commissariat de Kizliar, petite ville de l'instable république du Daguestan, tuant 12 personnes. Cette fois, les « martyrs » étaient des hommes. Et les victimes, principalement des policiers.
Peu avant 9 h, deux agents de la circulation somment une voiture de s'immobiliser, après que son conducteur a enfreint le Code de la route. Lorsqu'ils partent à sa poursuite, l'homme au volant du véhicule déclenche les explosifs qu'il transporte, équivalant à 200 kg de TNT. Les agents sont tués ainsi qu'une passante et le kamikaze.

Des attentats fréquents
Vingt minutes plus tard, alors qu'enquêteurs et ambulanciers s'affairent sur les lieux du drame, un deuxième kamikaze déguisé en policier se fait exploser. Neuf personnes meurent, dont le chef de la police locale.
Après plus de cinq ans sans attaque terroriste à Moscou, le double attentat perpétré lundi par des femmes kamikazes a secoué le pays entier. Celui d'hier au Daguestan est presque routinier pour la pauvre république de 2,5 millions d'habitants. Le dernier attentat-suicide qui a endeuillé le territoire caucasien remonte au 6 janvier. Il visait déjà un poste de police. Entre les opérations antiterroristes menées par les forces fédérales et les attaques des islamistes, les jours calmes sont rares au Daguestan.
Au cours des dernières années, des dizaines de policiers et de politiciens locaux sont morts sous les balles ou les bombes des rebelles islamistes. En juin 2009 par exemple, le ministre de l'Intérieur de la république a été abattu à l'arme automatique. Il avait déjà survécu à trois tentatives d'assassinat.
Avec la Tchétchénie et l'Ingouchie voisines, le Daguestan est le centre de la rébellion islamiste. Héritiers du mouvement indépendantiste tchétchène, les combattants radicalisés prônent désormais l'instauration d'un Emirat dans tout le Caucase russe. Hier, Dmitri Medvedev a rapidement lié les attentats du Daguestan à ceux de Moscou. « Tout cela, ce sont des maillons d'une même chaîne », a déclaré le président russe, appelant à un renforcement des mesures de sécurité partout dans le pays et à l'élimination des responsables des attaques.