Le Daguestan, berceau d'une insurrection islamiste armée

DECRYPTAGE Cette république autonome de Russie alimente notamment les rangs des rebelles tchétchènes...

Bérénice Dubuc

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Des experts médico-légaux et des forces de sécurité russes examinent le site d'un attentat, à Kizliar, au Daguestan, le 31 mars 2010.
Des experts médico-légaux et des forces de sécurité russes examinent le site d'un attentat, à Kizliar, au Daguestan, le 31 mars 2010. — AFP PHOTO / NEWSTEAM / ZAUR HALIKOV

Le Daguestan est la plus grande des républiques «autonomes» du Caucase du Nord au sein de la Fédération de Russie, à la fois en superficie et en population. Voisine de la Tchétchénie, c’est une zone politiquement instable, où attentats et affrontements sont très fréquents.

Le pays connaît depuis plusieurs mois des accrochages meurtriers entre des rebelles islamistes et les forces de sécurité. Le ministre de l'Intérieur, Adilguereï Magomedtaguirov, a été tué à l'arme automatique à Makhatchkala, la capitale daguestanaise, le 5 juin dernier. Adilguereï Magomedtaguirov, ministre de l'Intérieur depuis 1998, avait survécu à trois tentatives d'assassinat, dont un attentat suicide en 2005.

Accrochages meurtriers

La plupart des 2,5 millions de Daguestanais sont musulmans. Ils appartiennent à la branche soufiste, cependant depuis la fin des années 1980, des missionnaires wahhabites cherchent à convertir la population à un Islam radical. Le Daguestan est, depuis la fin des années 90, miné par une rébellion islamiste armée, qui alimente notamment les rangs des insurgés tchétchènes.

La seconde guerre de Tchétchénie a d’ailleurs été déclenchée par une insurrection ratée au Daguestan. Entre le 7 août et le 11 septembre 1999, un groupe de fondamentalistes musulmans venant de Tchétchénie et des convertis locaux tentent, sous le commandement de Chamil Bassaïev, une intrusion armée dans le pays en vue d'y instaurer une république islamique. En représailles, les troupes de Moscou envahissent la Tchétchénie pour rétablir l'ordre en Russie.