L'un des deux plus anciens otages des Farc libéré

COLOMBIE La guérilla a cependant précisé qu'il s'agissait là de la dernière libération d'otage sans conditions...

B.D. avec agence

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Le sergent colombien Pablo Emilio Moncayo (D) qui vient d'être libéré par les Farc, retire les chaînes que son père Gustavo Moncayo porte symboliquement depuis plusieurs années, à l'aéroport de Florencia le 30 mars 2010.
Le sergent colombien Pablo Emilio Moncayo (D) qui vient d'être libéré par les Farc, retire les chaînes que son père Gustavo Moncayo porte symboliquement depuis plusieurs années, à l'aéroport de Florencia le 30 mars 2010. — AFP PHOTO/Luis Robayo

Libre. Le sergent Pablo Emilio Moncayo, 32 ans, l'un des deux plus anciens otages de la guérilla colombienne des Farc, a retrouvé mardi la liberté. Il avait été capturé en 1997.

Avec un sourire contenu, le militaire est descendu de l'hélicoptère qui l'amenait vers sa famille, à Florencia, près de Bogota, pour tomber dans les bras de son père Gustavo Moncayo, qu'il a vu pour la dernière fois à l'âge de 19 ans. L'homme, presque aussi connu que lui après avoir parcouru des milliers de kilomètres à pied afin que son fils ne soit pas oublié, lui a présenté ensuite une petite fille brune, un bouquet de marguerites à la main: sa soeur de cinq ans, Valentina, qu'il n'avait jamais vue.

Aucun remerciement pour Uribe

Devant les caméras, le sergent vêtu d'un treillis militaire, a notamment remercié Dieu et son père «pour son travail infatigable et titanesque» en faveur de sa libération, ainsi que les présidents socialistes équatorien et vénézuélien Rafael Correa et Hugo Chavez, pour leur médiation, sans jamais mentionner le chef de l'Etat colombien Alvaro Uribe.

Il a avoué avoir trouvé sa famille «radicalement changée». «Mais ils restent les êtres tendres qui m'ont toujours soutenu», a-t-il ajouté, au côté de son père. Il a ensuite enlevé les chaînes symboliques que son père porte depuis longtemps aux deux poignets en souvenir de l'enlèvement de son fils, tandis que leurs proches criaient «Libertad, libertad».

Dernière libération sans conditions

Dans un communiqué diffusé sur internet par l'agence Anncol, souvent utilisée par la guérilla pour faire passer ses messages, les Farc ont souligné que cette libération sans conditions, la dernière, cherchait à dégager le chemin pour «un échange immédiat des prisonniers de guerre». Ces «otages politiques», 21 militaires et policiers, dont trois ont également passé le cap des douze ans aux mains des Farc, ne seraient libérables que contre plusieurs centaines de leurs combattants emprisonnés en Colombie et aux Etats-Unis, ce que les autorités refusent.

Selon des données officielles, il n'y a plus en Colombie que 77 otages, dont les militaires et policiers détenus par les Farc. En 2007, on en recensait officiellement 2.700.