Nicolas Sarkozy et Barack Obama affichent leur complicité

DIPLOMATIE Les deux présidents ont tenu une conférence de presse bien huilée mardi soir...

Philippe Berry

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Nicolas Sarkozy et Barack Obama, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2010 à la Maison Blanche
Nicolas Sarkozy et Barack Obama, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2010 à la Maison Blanche — REUTERS/L.DOWNING

De notre correspondant à Los Angeles

Après un entretien privé d'une heure et avant un dîner «entre amis» à la Maison Blanche, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont affiché leur union lors d'une conférence de presse conjointe, mardi, en présence de Bernard Kouchner et Christine Lagarde. Relations franco-américaines, Afghanistan, Iran, Proche-Orient, contrat des avions ravitailleurs... Ils ont passés en revue les grands dossiers. Avec «des points de vue alignés comme rarement», «parfois en désaccord» mais toujours dans un climat «de confiance mutuelle».

 

 

Les relations franco-américaines au beau fixe

Ton chaleureux, plaisanteries, main de Barack Obama sur l'épaule de Nicolas Sarkozy, tutoiement de ce dernier, questions des médias limitées à une par pays... Ils auraient voulu montrer au monde qu'ils étaient toujours «copains» qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement. Chacun y est allé de son couplet sur l'amitié franco-américaine, «la plus ancienne et l'une des plus importantes», selon Obama. Interrogé sur «l'ouverture» des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a balayé toute tension. «Quand les gens commentent nos entretiens téléphoniques, c'est à croire qu'on est sur écoute», a-t-il ironisé. Avant de louer son homologue: «Quand Barack Obama dit quelque chose, il tient parole. S'il le peut, il délivre. S'il ne peut pas, il le dit.» Des désaccords? «Bien entendu que l'on ne peut être d'accord sur tout. Il défend l'intérêt des Etats-Unis, et moi, de la France», riposte le président français. Mais pour lui, l'important est «de tout pouvoir mettre sur la table».

 

Les dossiers internationaux «main dans la main»

Une vraie semi-annonce: sur l'Iran, Barack Obama «espère» un accord de la communauté internationale pour imposer des «sanctions sévères» à Téhéran dans «les prochaines semaines». Il se refusait jusqu'ici à donner un calendrier. L'Iran ne peut continuer «sa course folle» au nucléaire, a ajouté Nicolas Sarkozy. Les deux ont cependant reconnu qu'il restait du boulot avant un consensus international, évoquant les réticences de la Chine –sans la nommer.

Concernant l'Afghanistan, Paris «soutient» le plan d'Obama. La question d'éventuels renforts français, souhaités par le président américain, n'a pas été abordée. L'Elysée a cependant fait savoir après la conférence que Nicolas Sarkozy serait prêt, le moment venu, à accroître ses efforts en matière de formation des militaires et des policiers afghans.

Sur le Proche-Orient, Nicolas Sarkozy estime «que c'est une très bonne nouvelle de voir les Etats-Unis s'engager à ce point». Il soutient «la condamnation du processus de colonisation» par Barack Obama alors que Washington a haussé le ton face au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la semaine dernière.

Copenhague et la réforme du système financier ont rapidement été évoqués, les deux présidents assurant travailler «main dans la main». «La France va avoir du boulot» avec l'organisation du sommet du G20 en 2011, a plaisanté Obama.

 

Le dossier qui fâche (un peu): les avions ravitailleurs

«Je fais confiance» au président américain, assure son homologue français, qui s'attend à ce que l'appel d'offre soit «fair» («équitable» –en anglais dans le texte, la seule tentative de Nicolas Sarkozy lors de la conférence, ndr). «Le processus sera libre et juste, et la confiance est justifiée», jure Obama, alors que Paris et Berlin ont dénoncé ces dernières semaines un «processus biaisé». Obama a malgré tout rappelé que le président américain n'a que peu de pouvoir sur le contrat de renouvellement de 179 avions ravitailleurs du Pentagone. Il assure toutefois que le secrétaire à la Défense, Robert Gates, qui a «combattu les intérêts spéciaux», est «l'homme de la situation».

 Avez-vous suivi la conférence de presse? Vraie complicité ou belle mise en scène, dites-le nous dans les commentaires-ci dessous.


Un hot dog à midi

Ce fut la running joke de la conférence de presse. Nicolas Sarkozy et sa first-lady de femme ont déjeuné chez Ben's Chili Bowl, un restaurant de la capitale célèbre pour ses hot dogs épicés. «Les Français sont connus pour leur cuisine. Alors le fait que Nicolas soit allé chez Ben's Chili Bowl pour le déjeuner montre qu'il a un palais raffiné», a plaisanté Barack Obama. Un peu plus tard, Nicolas Sarkozy a poursuivi, expliquant que l'adresse lui avait été recommandée par «un bon ami» (Obama, ndr). «Quand je suis entré, j'ai vu une grande photo du président Obama et j'ai bien peur que lors de votre prochaine visite, vous voyiez une photo bien plus petite, celle du président français», a blagué le chef de l'Etat. Selon CNN, Carla en a même mangé deux. Shocking!