Dans l'attente du verdict des urnes

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Les Irakiens devront patienter jusqu'à jeudi pour connaître les résultats partiels du vote de dimanche. Un scrutin pour lequel ils se sont déplacés en nombre, malgré les attentats qui ont fait 38 victimes. Lundi, la commission électorale annonçait en effet un taux de participation de plus de 62 %.

Les premières estimations donnent l'Alliance de l'Etat de droit (AED) du Premier ministre Nouri al-Maliki en tête. En deuxième position : le Bloc irakien d'Iyad Allawi. Malgré son avance, Maliki ne devrait pas obtenir suffisamment pour pouvoir former un cabinet et va devoir composer avec d'autres s'il veut être reconduit. « Mais s'il obtient le soutien des partis chiites, il sera vu comme un Premier ministre chiite, ce que les sunnites n'accepteront pas, prévient Pierre-Jean Luizard, chercheur au CNRS. A l'inverse, Allawi, élu par les sunnites, incarne l'opposition à l'Iran, ce que les chiites ne peuvent accepter ». Une polarisation confessionnelle qui annonce « une période d'une grande dangerosité », selon le chercheur. L'analyse est partagée par Obama. Le président américain a récemment averti que l'Irak connaîtrait dans les prochaines semaines des jours « très difficiles ». Washington en a-t-il conscience ? La Constitution qu'il a contribué à mettre en place en 2005, en instaurant un confessionnalisme sans équilibre des postes, porte en elle les germes de l'instabilité. Pourtant, le gouvernement issu de ces élections devra assurer, fin 2011, la transition entre un pays occupé et un Etat officiellement indépendant. W

A. Le G.