Israël inflige un camouflet aux états-Unis

Faustine Vincent

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Coïncidence ou sabotage ? Le vice-président américain, Joe Biden, venait à peine d'arriver au Proche-Orient pour relancer le processus de paix que le ministère israélien de l'Intérieur annonçait la construction de 1 600 logements juifs à Ramat-Shlomo, un quartier de Jérusalem-Est (Territoires occupés). La nouvelle a provoqué un tollé. « Avec sa teneur et son calendrier, c'est précisément le genre de mesure qui sape la confiance nécessaire » au dialogue israélo-palestinien, a critiqué le vice-président mardi soir. Lors d'une rencontre à Ramallah hier avec le président Mahmoud Abbas, Biden a de nouveau réaffirmé son soutien à un Etat palestinien « viable », tandis que le leader palestinien a accusé Israël de porter « un coup sévère » aux tentatives de reprise des pourparlers.

Le fait qu'Israël poursuive la colonisation malgré les pressions internationales n'est pas une nouveauté. Lundi encore, l'Etat hébreu avait annoncé la construction de 112 logements dans une colonie de Cisjordanie occupée. Mais cette fois, le « timing » de cette annonce surprend, bien que le ministre de l'Intérieur, Eli Yishai, se soit défendu d'avoir eu l'intention « d'insulter ou de chercher la confrontation » avec les Américains. « C'est un véritable camouflet pour les Etats-Unis, et une claire remise en cause de la volonté des Israéliens de reprendre les pourparlers, analyse Cédric Parizot, chercheur au Centre de recherche français de Jérusalem. C'est révélateur de la politique actuelle d'Israël : se dire prêt à négocier, mais faire tout capoter quand les choses se précisent. » Toutefois, insiste-t-il, « cette affaire ne doit pas masquer le fait que, de toute façon, on part de très loin ». De fait, après des mois d'efforts diplomatiques, les Etats-Unis ne sont parvenus à lancer que des discussions indirectes, dites « négociations de proximité », pour relancer le processus de paix interrompu depuis la fin 2008. « On revient vingt ans en arrière », se désole Cédric Parizot. Les négociations doivent commencer cette semaine. W