L'armée mise en cause après les massacres au Nigeria

TUERIE De nouvelles attaques sont à craindre...

Avec agence

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L'armée et la police sont déployés, le 8 mars 2010, dans la région de Jos au Nigeria après la tuerie inter-ethnique.
L'armée et la police sont déployés, le 8 mars 2010, dans la région de Jos au Nigeria après la tuerie inter-ethnique. — REUTERS

La tension restait vive dans la région de Jos, dans le centre du Nigeria, où l'armée a été accusée mardi par le gouverneur local d'avoir ignoré des avertissements sur les tueries qui ont fait des centaines de morts. Dans la soirée, des coups de feu ont été entendus à la périphérie de la ville poussant des habitants à se réfugier dans des commissariats de police, ont raconté des témoins.

De crainte de nouvelles attaques malgré les patrouilles militaires, certains habitants avaient fui auparavant les villages attaqués dans la nuit de samedi à dimanche, où de nombreuses femmes et enfants ont été tués à la machette ou brûlés.

Au moins 500 morts

Le premier bilan officiel des massacres donné lundi par le ministre de l'Information de l'Etat du Plateau, un chrétien, était d'au moins 500 morts. Mais d'autres sources locales, sécuritaires ou civiles, ont cité depuis des chiffres allant de 200 à 400 morts. «Nous quittons notre village de Tin-Tin qui pourrait être la prochaine cible», a expliqué Patricia Silas, une femme de 30 ans, son bébé de six mois attaché dans le dos, accompagnée de deux voisins.

Les Fulani «ont passé des coups de téléphone pour avertir d'une nouvelle attaque. Nous prenons ces menaces très au sérieux, nous ne voulons pas être pris par surprise», a-t-elle dit. Les assaillants des trois villages attaqués étaient des éleveurs nomades musulmans de l'ethnie fulani (Peuls), qui s'en sont pris aux chrétiens sédentaires de l'ethnie berom. Beaucoup craignaient désormais des représailles.

L’armée mis en cause

Le gouverneur de l'Etat du Plateau, Jonah Jang, a à son tour accusé mardi l'armée d'avoir ignoré les signaux d'alerte. «J'ai reçu un rapport à 21h (samedi, ndlr) qui faisait état de mouvements de gens armés aux alentours des trois villages, et j'ai transmis au commandant de l'armée qui m'a dit qu'il allait envoyer des troupes», a-t-il raconté à des journalistes à Abuja. Mais, réveillé tard dans la nuit par les premières nouvelles du massacre, il a affirmé n'avoir pu joindre aucun commandant militaire. L'armée a été déployée dans la zone, déclarée dimanche soir en état d'alerte maximum sur ordre du président par intérim Goodluck Jonathan