Le nucléaire civil a le vent en poupe

Faustine Vincent

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Pour la France, le nucléaire constitue un enjeu économique autant que diplomatique.
Pour la France, le nucléaire constitue un enjeu économique autant que diplomatique. — P. WOJAZER / AFP

Nicolas Sarkozy a appelé hier les institutions financières internationales à favoriser le nucléaire civil dans le monde. « La population mondiale croît et s'enrichit. Nous aurons besoin de 40 % d'énergie en plus d'ici à 2030 », a expliqué le Président lors d'une conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil, donnée au siège de l'Organisation de coopération et de développement économiques, à Paris. Cette rencontre de deux jours s'inscrit dans le cadre du traité de non-prolifération (TNP), dont un volet consacre la liberté d'accéder au nucléaire civil à côté des efforts pour le désarmement nucléaire.

Soixante-cinq pays et organisations ont été conviés, dont la Syrie, épinglée dans le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour son absence de coopération, Israël, la Chine, la Russie, l'Ukraine, le Belarus, les Emirats arabes unis, le Brésil et les Etats-Unis. Mais pas l'Iran ni la Corée du Nord, qui violent « leurs obligations internationales », selon l'Elysée.

Pour Paris, l'enjeu du nucléaire civil est non seulement diplomatique, mais aussi économique et industriel. Selon la World Nuclear Association, plus de 450 nouveaux réacteurs devraient être construits dans le monde d'ici à 2030, soit un marché de plusieurs centaines de milliards de dollars. La France, dont la production d'électricité repose à 75 % sur le nucléaire, a développé une importante filière industrielle dans le secteur, notamment avec le groupe Areva. Mais elle a perdu en décembre un contrat de 20 milliards de dollars aux Emirats arabes unis, remporté par la Corée du Sud, et réfléchit à un élargissement de son catalogue de réacteurs nucléaires, le réacteur de troisième génération de type EPR ne répondant « pas forcément aux besoins du client », selon le gouvernement.

Selon le chef de l'AIEA, Yukiya Amano, « l'électronucléaire peut apporter une contribution majeure au développement économique et aider à atténuer les changements climatiques. Nous nous attendons à ce que 10 à 25 nouveaux pays mettent leur première centrale en service d'ici à 2015. » W