La loi dépénalisant l'avortement a été adoptée en Espagne

ESPAGNE Malgré l'opposition très vive des catholiques et des conservateurs...

Avec agence

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Plus d'un million de personnes d'après les organisateurs ont défilé contre l'avortement à Madrid le 17 octobre 2009.
Plus d'un million de personnes d'après les organisateurs ont défilé contre l'avortement à Madrid le 17 octobre 2009. — A. DIAZ/EPA/SIPA

Une victoire pour Zapatero. La loi dépénalisant l'avortement en Espagne a été définitivement adoptée mercredi par les sénateurs espagnols, malgré la vive opposition des secteurs catholiques et conservateurs. Elle entrera en vigueur dans environ quatre mois.

 

La nouvelle loi - voulue par le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero - instaure, comme dans la majorité des pays européens, l'Interruption volontaire de grossesse (IVG), une notion inexistante jusqu'à présent dans le droit espagnol. Les femmes pourront avorter librement jusqu'à 14 semaines de grossesse et jusqu'à 22 semaines en cas de «risque pour la santé» de la mère et/ou «de graves anomalies du foetus».
 

Jusqu'ici, la majorité des avortements étaient pratiqués pour «risque psychologique» pour la mère

 

Au cours du parcours législatif mouvementé de cette réforme, les socialistes ont supprimé en décembre une des dispositions les plus controversées de leur projet, qui prévoyait la liberté d'avorter pour les mineures de 16 et 17 ans sans le consentement ni l'information préalable des parents. 

 

La loi en vigueur depuis 1985 n'autorisait l'avortement qu'en cas de viol (jusqu'à 12 semaines de grossesse), de malformations du foetus (22 semaines) ou de «danger pour la santé physique ou psychique de la mère» (sans limitation de temps). Elle ignorait la notion d'avortement libre. L'immense majorité des avortements étaient jusqu'à présent pratiqués en Espagne pour «risque psychologique» pour la mère, ce qui donnait parfois lieu à des avortements très tardifs, à plus de six mois de grossesse.

 

La libéralisation de l'avortement en Espagne a suscité l'hostilité du Vatican et des catholiques espagnoles, qui avaient organisé une manifestation massive de protestation le 17 octobre à Madrid.