L'AIEA «inquiète» d'un possible développement par l'Iran d'une charge nucléaire pour un missile

RAPPORT L'Agence internationale de l'énergie atomique évoque «l'existence potentielle d'activités secrètes passées ou présentes»...

Avec agence
— 
De nouvelles sanctions européennes contre l'Iran sont à l'étude entre Paris, Berlin et Londres, selon des sources diplomatiques européennes, qui ont assuré jeudi qu'aucune liste des entités et des responsables iraniens visés n'avait encore été arrêtée.
De nouvelles sanctions européennes contre l'Iran sont à l'étude entre Paris, Berlin et Londres, selon des sources diplomatiques européennes, qui ont assuré jeudi qu'aucune liste des entités et des responsables iraniens visés n'avait encore été arrêtée. — Behrouz Mehri AFP/Archives
La menace se précise. «L'information dont dispose l'agence soulève des inquiétudes sur l'existence potentielle d'activités secrètes passées ou présentes de l'Iran liées au développement d'un charge nucléaire pour un missile», a indiqué le directeur général de l'agence onusienne Yukiya Amano dans son premier rapport adressé au Conseil des gouverneurs de l'AIEA. C'est la première fois que l'agence fait ainsi part de l'état de ses inquiétudes sur des activités en cours de l'Iran pour fabriquer l'arme atomique, alors que dans les précédents rapports il n'était question que d'activités passées.
 
Par ailleurs, le rapport a confirmé que Téhéran a bien commencé à enrichir son uranium à un niveau élevé, soit 19,8%, dans son usine de Natanz entre le 9 et le 11 février. Jusqu'ici Téhéran n'avait enrichi son uranium qu'à 3,5%, niveau suffisant pour servir de combustible à une centrale nucléaire.
En revanche de l'uranium enrichi à 20% pourrait rapprocher l'Iran de la capacité nécessaire pour fabriquer une bombe nucléaire, pour laquelle il faut toutefois de l'uranium enrichi à plus de 90%, selon les experts.
 
Coopération pas suffisante
 
Le régime islamique avait affirmé à de nombreuses reprises que cet uranium enrichi à 20% devait servir à produire du combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran où sont fabriqués des d'isotopes médicaux dont l'Iran a urgemment besoin.
 
Toutefois ce processus d'enrichissement a commencé sans attendre l'arrivée des inspecteurs de l'agence onusienne à l'usine de Natanz, ajoute le rapport. «Le 10 février, lorsque les inspecteurs de l'AIEA sont arrivés sur le site pilote d'enrichissement (PFEP Pilot Fuel Enrichment Plant) ils ont été informés que l'Iran avait déjà commencé à alimenter une cascade (de centrifugeuses) avec du UF6 (hexafluorure d'uranium) la veille au soir», selon le rapport.
 
Les inspecteurs ont ensuite vérifié qu'aucun des matériaux nucléaires déclarés par l'Iran n'ait été utilisé à d'autres fins que celles indiquées. «Cependant "l'Iran n'a pas fait preuve de la coopération nécessaire qui permettrait à l'agence de confirmer que tout le matériel nucléaire en Iran est utilisé pour des activités pacifiques.»