L'assassinat d'un cadre du Hamas pèse sur les relations d'Israël avec la France et la Grande-Bretagne

INTERNATIONAL Le Mossad serait derrière l'assassinat et les membres du commando auraient utilisé de faux passeports français et britanniques...

B.D. avec agence

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Des militants du Hamas, debout sur un drapeau d'Israël, pendant un rassemblement à la mémoire de Mahmoud al-Mabhouh, dans le nord de la bande de Gaza, le 17 février 2010.
Des militants du Hamas, debout sur un drapeau d'Israël, pendant un rassemblement à la mémoire de Mahmoud al-Mabhouh, dans le nord de la bande de Gaza, le 17 février 2010. — ALI ALI/EPA/SIPA

Un assassinat retentissant. Depuis plusieurs jours, le Mossad, les services secrets israéliens, est pointé du doigt pour l'assassinat de Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, l'un des fondateurs de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, le 20 janvier dans un hôtel de Dubaï. Cet assassinat est à l'origine, depuis, de vives tensions diplomatiques entre Israël, Londres et Paris.

Le chef de la police de Dubaï a été pour la première fois vraiment accusateur jeudi, en assurant qu'il était «certain à 99%, sinon à 100% que le Mossad est derrière l'assassinat». Il a révélé que les membres du commando qui a mené l'opération détenaient pour six d'entre eux des passeports britanniques, pour trois autres des passeports irlandais, auxquels s'ajoutent un passeport français et un passeport allemand.

Interpol a émis ce jeudi des «notices rouges» (des mandats d'arrêt internationaux appelant à l'interpellation puis à l'extradition d'un criminel vers le pays demandeur) pour 11 suspects - 10 hommes et une femme - «recherchés au niveau international» pour avoir coordonné et commis l'assassinat, précisant qu'ils ont usurpé plusieurs identités et sont susceptibles de les utiiser à nouveau dans leur fuite.

Le commando a été filmé par les caméras de vidéosurveillance de l'hôtel.

>> Regardez la vidéo du commando:

Londres attend «l’entière coopération» d’Israël

Côté britannique, le ministre des Affaires étrangères, David Miliband, a indiqué attendre «l'entière coopération» d'Israël dans l'enquête, après une rencontre avec l'ambassadeur d'Israël à Londres Ron Prosor. «Nous voulons offrir à Israël toutes possibilités d'échanger avec nous ce qu'il sait de cet incident», a indiqué David Miliband, en résumant la teneur du message passé au diplomate. «Nous voulons aller au fond du problème concernant les passeports frauduleux», a-t-il ajouté.

Déjà mercredi, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, avait promis l'ouverture d'une «enquête exhaustive», justifiée par le fait que le «passeport britannique est un document qui doit être détenu de manière appropriée».

La France demande des explications

En France, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que «des explications» avaient été demandées à l'ambassade d'Israël à Paris sur les circonstances de l'utilisation du faux passeport français. «Nous sommes en contact régulier avec les autorités de Dubaï sur les avancées de l'enquête et coopérons avec elles», a précisé Bernard Valero, le porte-parole du Quai d’Orsay.

Israël a jusqu'ici entretenu l'ambiguïté sur son implication, refusant d'apporter un démenti formel.