Accord entre catholiques et protestants sur un transfert des pouvoirs de police et de justice

IRLANDE DU NORD Cette décision permet l'application complète des accords de paix de 1998…

Avec agence

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Un accord a été trouvé le 5 février 2009 entre partis catholiques et protestants d'Irlande du Nord, salué par le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Un accord a été trouvé le 5 février 2009 entre partis catholiques et protestants d'Irlande du Nord, salué par le Premier ministre britannique Gordon Brown. — PETER MORRISON/AP/SIPA
Un «nouveau chapitre» pour l’Irlande du Nord. L' accord qui a été trouvé vendredi entre partis catholiques et protestants d'Irlande du nord sur un transfert des pouvoirs de police et de justice dans le cadre du processus de paix satisfait pleinement le Premier ministre britannique Gordon Brown.

«Nous fermons le dernier chapitre d'une histoire longue et troublée et nous ouvrons un nouveau chapitre pour l'Irlande du nord», a-t-il déclaré en présentant les détails de l'accord lors d'une conférence de presse. Gordon Brown a annoncé que le transfert effectif de Londres vers Belfast des pouvoirs en matière de police et de justice, les deux derniers obstacles à l'application complète des accords de paix de 1998, commencerait à partir du 12 avril.

Il a précisé que le gouvernement britannique fournirait 800 millions de livres (920 millions d'euros) pour financer le transfert des pouvoirs de Londres à Belfast.

«Le signe le plus sûr que nous ne retournerons pas aux jours sombres du passé»

«Cet accord est le signe le plus sûr que nous ne retournerons pas aux jours sombres du passé», a pour sa part déclaré le Premier ministre d'Irlande du Nord, Peter Robinson -blanchi alors que sa femme reste au cœur d’un scandale politico-sexuel- dont le parti unioniste protestant DUP s'est rallié finalement jeudi soir à l'accord.

Martin McGuinness, le vice-Premier ministre catholique de la province affilié au Sinn Féin, a souligné «qu'il n'était pas surprenant que les négociations aient été difficiles, puisque je suis un républicain irlandais, et que les autres ici (les unionistes ndlr) ont un point de vue complètement différent». «Mais cela ne veut pas dire que nous sommes incapables de respecter l'un l'autre», a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre irlandais Brian Cowen, qui s'était également déplacé pour adouber l'accord, a souligné que le texte «fournissait la base d'une future stabilité et du succès des institutions démocratiques» d'Irlande du Nord.

3.500 morts en trois décennies de violence

L'accord a été conclu après près de deux semaines de négociations intenses entre le DUP et le Sinn Féin, qui se partagent le pouvoir dans la province depuis 2007. Un échec des négociations entre partis protestants et catholiques aurait pu déboucher sur de nouvelles élections dans la province à l'équilibre politique fragile et provoquer un coup d'arrêt du processus de paix.

Londres et Dublin ont contribué à sceller l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à la période des «Troubles», trois décennies de violences intercommunautaires qui ont fait au moins 3.500 morts, et qui a débouché sur un gouvernement partagé entre catholiques et protestants.

Mais l'Irlande du nord connaît toujours des violences sporadiques. L'année dernière, un policier et deux soldats ont été tués par balles dans des attaques revendiquées par des républicains dissidents et un policier a perdu une jambe dans l'explosion de sa voiture en janvier cette année.