La réunion sur l'Afghanistan s'ouvre ce jeudi à Londres

SOMMET Pour Hamid Karzaï, le pays aura besoin de l'aide internationale pendant 10 à 15 ans...

B.D. avec agence

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Un soldat français du 13e bataillon de chasseurs alpins en patrouille transporte un tapis afghan, Tagab, Afghanistan, le 7 janvier 2010.
Un soldat français du 13e bataillon de chasseurs alpins en patrouille transporte un tapis afghan, Tagab, Afghanistan, le 7 janvier 2010. — J. SAGET / AFP

Ils seront tous là, à l'exception des talibans. Les acteurs du conflit afghan se réunissent jeudi à Londres pour une conférence majeure principalement consacrée au transfert de la responsabilité de la sécurité et au projet de réconciliation avec les insurgés, défendu par Kaboul. Environ 70 pays seront présents, qu'ils soient contributeurs de troupes ou simples voisins de l'Afghanistan.

Le président afghan Hamid Karzaï a estimé ce jeudi sur la BBC que son pays aurait besoin de l'aide internationale pendant 10 à 15 ans. Son discours, ainsi que ceux du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et du Premier ministre britannique Gordon Brown, ouvrent la conférence à 10h15. Participeront également la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et ses homologues français Bernard Kouchner et européen Catherine Ashton.

Transfert de sécurité


La rencontre «déterminera le succès ou l'échec» de la mission internationale, a estimé mercredi la chancelière allemande Angela Merkel. Les talibans l'ont en revanche qualifiée de «perte de temps» et l'Iran, qui a décliné l'invitation, d'«inutile et sans objet».

Le thème principal concernera le transfert de la sécurité aux Afghans. Selon un projet de communiqué final publié dans la presse, la conférence en fixerait le début pour la fin de cette année ou le début 2011, mais dans les seules régions les plus stables. Aucun calendrier de retrait des alliés ne sera fourni, selon des sources diplomatiques.

Hamid Karzaï a affirmé mercredi, à son arrivée à Londres, que son gouvernement ferait «tout son possible» pour assurer à lui seul la sécurité dans la plus grande partie de son territoire «d'ici deux à trois ans», et sur tout le territoire en 2014.

Stratégie de réconciliation


Autre volet abordé: Hamid Karzaï tentera de réunir le maximum de soutien en faveur de sa stratégie de «réconciliation» avec les talibans qui propose argent et travail à ceux qui abandonneront la lutte armée. Ce processus a déjà reçu le soutien des voisins de l'Afghanistan et de la Turquie. Les alliés devraient s'engager financièrement, mais pas sans garanties.

Richard Holbrooke, l'émissaire américain pour l'Afghanistan et le Pakistan, a cependant averti mercredi soir qu'il «ne peut pas y avoir de négociations» avec les talibans ne renonçant pas au préalable à soutenir Al-Qaïda, le réseau constituant la «ligne rouge américaine». Kaboul demandera également le retrait de noms de talibans de la liste de l'ONU des personnes faisant l'objet de sanctions pour leurs liens passés avec Al Qaïda. Le Conseil de sécurité a déjà retiré mardi cinq noms de talibans.

La réunion s'achèvera à 17h30 avec une conférence de presse. Elle sera suivie par une autre rencontre internationale sur l'Afghanistan, qui devrait avoir lieu à Kaboul en mars ou avril.