Haïti: Une adolescente sortie des décombres

MIRACLE Elle a survécu plus de 15 jours dans une poche d'air sous une épaisse couche de béton...

B.D. avec agence

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Darlene Etienne, 16 ans, se repose à l'hôpital de campagne français après avoir été secourue dans Port-au-Prince, plus de 15 jours après le séisme en Haïti, mercredi 27 janvier 2010.
Darlene Etienne, 16 ans, se repose à l'hôpital de campagne français après avoir été secourue dans Port-au-Prince, plus de 15 jours après le séisme en Haïti, mercredi 27 janvier 2010. — Ramon Espinosa/AP/SIPA

A chaque jour son petit miracle en Haïti. Mardi, un homme de 31 ans a été extrait des ruines. Mercredi, c’était au tour d’une adolescente de 16 ans d’être tirée des décombres, 15 jours après le séisme. Elle souffre d’une déshydratation extrême, mais «Elle vivra. Elle a 16 ans et elle a toute la vie devant elle»,a indiqué le médecin colonel Michel Orcel.

Après avoir été transportée à l'hôpital de campagne dressé par la sécurité civile française au lycée français de Port-au-Prince, la jeune fille, prénommée Darlene Etienne selon la Croix rouge, a été transportée par hélicoptère sur le Siroco, un bâtiment de la marine française qui dispose d'une unité médicale. «Elle est conditionnée, son état est stabilisé. On va mettre tous les moyens sur cette patiente de façon à ce qu'elle ait de manière permanente une équipe de réanimation à son chevet», ajoute le secouriste français.

Dégagée en 45 minutes


Darlene a été en partie dégagée par des voisins du quartier de Carrefour-Feuilles à Port-au-Prince qui avaient entendu une voix. Ils ont ensuite appelé les secouristes français.

«Quand on est arrivé, on voyait seulement son cuir chevelu. J'ai agrandi le trou, lui ai parlé. On l'a réhydratée par intraveineuse et en trois quarts d'heure, on l'a dégagée», a raconté Claude Fuilla, le médecin chef du détachement de la sécurité civile française. «Elle avait une petite poche d'air entourée de béton. On ne sait pas si elle avait de l'eau. Elle parlait très difficilement», a-t-il précisé.

Bien que les chances qu'une victime puisse survivre 15 jours sous des décombres tiennent du miracle, il ne faisait guère de doute aux yeux des médecins que la jeune fille était ainsi emprisonnée depuis le séisme du 12 janvier. «Tout laisse à penser qu'elle y était depuis la catastrophe proprement dite. C'est très probable vu l'état de déshydratation très avancée dans lequel elle était lorsqu'elle est arrivée», précise le médecin colonel Orcel. «Son état était très amoindri avec une tension artérielle effondrée», mais «elle n'a pas de lésions qui soient inquiétantes à première vue», poursuit-il.

«Survivre 2 semaines, c'est difficile mais apparemment c'est possible»


La jeune fille est parvenue à dire quelques mots. «Elle parle, elle dit qu'elle est heureuse d'être là et elle s'inquiète pour ses proches, mais on n'a pas les moyens de répondre à toutes ses questions», confie encore le docteur Orcel. «Survivre ainsi deux semaines, c'est difficile mais apparemment c'est possible», conclut Sébastien Caussade, un autre médecin qui était au chevet de la jeune fille, juste avant que l'hélicoptère ne décolle du terrain de basket du lycée pour la transférer à bord du navire hôpital.

Environ 135 personnes ont été retrouvées vivantes sous les décombres depuis le séisme du 12 janvier.