Crash au large du Liban: la femme de l'ambassadeur de France était dans l'avion

CATASTROPHE AERIENNE Aucun survivant retrouvé lundi matin...

De notre correspondant à Beyrouth, David Hury

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L'armée libanaise et les forces de l'ONU tentent de retrouver des survivants du crash d'un Boeing au large de Beyrouth, lundi 25 janvier 2010.
L'armée libanaise et les forces de l'ONU tentent de retrouver des survivants du crash d'un Boeing au large de Beyrouth, lundi 25 janvier 2010. — REUTERS/Jamal Saidi
De notre correspondant au Liban

«Nous attendons des nouvelles des forces armées libanaises et du contingent maritime de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), lâche laconiquement un responsable de l’ambassade de France à Beyrouth en début de matinée. Il y aurait des survivants, mais impossible encore de dire si l’épouse de l’ambassadeur en fait partie.»
 
A 2h27 heure locale, alors qu’une violente tempête zèbre le ciel de Beyrouth depuis plusieurs heures, le vol ET409 de l’Ethiopian Airlines à destination d’Addis Abeba s’abîme en mer, à peine cinq minutes après le décollage. Certains témoins oculaires parlent alors d’une «boule de feu» au loin à l’horizon.
 
«A l’origine, elle ne devait quitter Beyrouth que ce midi…»
 
Parmi les 90 passagers figuraient 54 Libanais et une Française, mais pas n’importe laquelle en effet: Marla Pietton, la femme du nouvel ambassadeur de France en poste à Beyrouth depuis septembre dernier. Selon plusieurs sources, la capitale éthiopienne n’était qu’une escale, Marla Pietton se rendant à Pretoria, en Afrique du Sud, où son mari était en poste précédemment. Elle voyageait seule. «Madame l’ambassadrice n’avait pas de raison d’être accompagnée, explique un responsable de l’ambassade. C’est une situation tout à fait normale.»
 
Ce matin, l’ambassade de France à Beyrouth est sous le choc. «Nous avons reçu comme mot d’ordre de ne pas sortir de l’ambassade aujourd’hui, explique un employé français. Tout le monde ne parle que de cela, c’est une horreur. Et c’est le destin aussi : madame Pietton avait fait plusieurs réservations pour partir en Afrique du Sud. A l’origine, elle ne devait quitter Beyrouth que ce midi…»
 
Sur place, à 20km des côtes libanaises, les secours s’activent donc, entre l’Armée libanaise et les bateaux onusiens. La tempête s’est calmée vers 8 heures, mais les rumeurs continuent de circuler concernant d’éventuels rescapés, toutes contradictoires… Les Libanais, eux, pleurent 54 de leurs concitoyens. Le Premier ministre Saad Hariri vient de décréter un deuil national.