Le terme « Allah » au coeur de la discorde

Armelle Le Goff

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Les actes de vandalisme interconfessionnel se multiplient en Malaisie. Ce week-end, la police a annoncé l'interpellation de quatre hommes soupçonnés d'avoir incendié deux salles de prière musulmanes. Les semaines précédentes, ce sont des lieux de culte chrétiens qui avaient été ciblés. Des attaques qui ont entraîné l'arrestation de quinze personnes. Sur le qui-vive, les autorités multiplient les appels au calme en direction des communautés. Au coeur de la polémique : l'emploi du terme « Allah » par des non-musulmans. Le 31 décembre dernier, la Haute Cour du pays a décidé d'autoriser le journal catholique The Herald à utiliser le terme « Allah » pour désigner Dieu dans ses éditions en malais. Rien de choquant a priori, puisque dans le monde arabophone, le terme est effectivement utilisé dans les deux religions. Mais dans ce pays de 28 millions d'habitants composé à 60 % de musulmans et 9 % de chrétiens, mais aussi d'hindouistes et de bouddhistes, la question est sensible.

« Allah n'appartient qu'à nous », pouvait-on entendre à la sortie des mosquées de Kuala Lumpur au lendemain de la décision de la Haute Cour. C'est pour cette raison que le gouvernement a fait appel de la décision de la Haute Cour, brandissant une décision du Haut Conseil national de la fatwa, qui a proscrit en 2008 l'utilisation du terme « Allah » par des non-musulmans. La Haute Cour a fini par suspendre sa décision. Mais depuis, les tensions demeurent. W