Journaliste en Haïti: «C'est le système D»

HAITI Envoyés sur place par leurs rédactions, les journalistes français relatent, comme ils peuvent, ce qu'il se passe depuis le séisme...

O.R.

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Une rue de Haïti dévastée le 14 janvier 2010 après le tremblement de terre.
Une rue de Haïti dévastée le 14 janvier 2010 après le tremblement de terre. — REUTERS

«Ce ne sont pas tant les cadavres et l’odeur qui me choquent, mais la souffrance. A l’hôpital, on voit des gens qui n’ont plus rien, rien à manger, et qui supplient "aidez-moi"». Florent Guignard, journaliste pour la radio RFI, n’était pas préparé à ça. Il était en Martinique, pour couvrir le référendum, le dimanche avant le séisme. Censé rester quelques jours pour faire des reportages, son programme a été bousculé par le tremblement de terre.
 
«Après l’annonce du séisme, je devais partir en Haïti avec le premier A310 français. D’abord prévu le mercredi matin, à 9h, à Fort-de-France, le vol a été repoussé toute la journée. On a reçu des ordres et des contre-ordres», raconte-t-il, contacté par 20minutes.fr.

«On voit des gens qui n’ont plus rien»

C’est donc jeudi matin, très tôt, que Florent Guignard s’est envolé pour Port-au-Prince, avec escale à Pointe-à-Pitre, accompagné d’un autre reporter de RFI et d’un technicien de la radio. Passé le premier choc, ils se sont mis au travail, comme ils pouvaient. «Pour des questions pratiques, on s’est établi à la résidence de l’ambassade de France. Le bâtiment était détruit, mais le jardin a été transformé en gros camping sauvage, sans sanitaire, mais c’est anecdotique par rapport à ce que vivent les gens.» Peu de nourriture, de l’eau rationnée, les conditions pour les journalistes sur place ne sont pas évidentes.
 
«C’est le système D»

«Le problème, c’est pour trouver un véhicule», explique le journaliste, qui, pour le moment arrête des voitures ou des motos et se fait raccompagner là où il vit pour quelques billets. «C’est le système D», résume Florent Guignard.
 
Autre difficulté, la communication. «Les téléphones passent mieux maintenant, sur les hauteurs, mais au début, c’était quasiment impossible de communiquer, notamment avec les rédactions, pour savoir ce qu’il se passait.» Depuis, les journalistes d’RFI ont pu s’installer dans une maison, avec une connexion Internet.