La droite chilienne revient au pouvoir

CHILI C'est la première fois que la droite gouvernera depuis la fin de la dictature de Pinochet...

Avec agence

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Le candidat chilien à la présidence Sebastian Pinera, aux côtés de son épouse, après le premier tour, dimanche 13 décembre 2009
Le candidat chilien à la présidence Sebastian Pinera, aux côtés de son épouse, après le premier tour, dimanche 13 décembre 2009 — ARIAS FRANCISCO/SIPA
L'entrepreneur multimillionnaire Sebastian Pinera a été élu dimanche président du Chili, marquant le retour de la droite au pouvoir après 20 ans de gouvernement de centre-gauche depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Pinera, battu par la présidente socialiste sortante Michelle Bachelet en 2005, a devancé son rival de centre-gauche Eduardo Frei de plus de 3 points, à 51,61% contre 48,38%, selon des résultats officiels portant sur 99% des bulletins.

L'alternance à droite, plus qu'un profond changement de cap de gouvernance, marque un virage symbolique au Chili, dirigé par la Concertation, coalition de quatre partis de centre-gauche, depuis le retour de la démocratie en 1990.

Dans son discours de victoire, face à 30.000 partisans sur une place du centre de Santiago, Pinera a promis un gouvernement d'unité nationale pour «faire tomber les murs qui divisent» le Chili, hérités de son passé politique.

«La démocratie, que nous avons reconquise de façon si exemplaire à la fin des années 80, vient de gagner en force et en maturité, et après 20 ans (...) a opté pour l'alternance», a lancé Pinera, un démocrate-chrétien d'origine.

Le dernier président de droite a été élu en 1958

Dans le centre de Santiago, des dizaines de milliers de Chiliens de droite sont descendus dans les rues en cours de soirée, éprouvant pour beaucoup pour la première fois la joie d'une victoire politique par les urnes. Le précédent président de droite élu remontait à 1958.

«Le pays voulait un changement. Nous, à droite, on voulait quelque chose de bien pour le pays, démontrer qu'on veut vivre en paix et non dans la haine», lançait une électrice, en référence au stigmate pesant sur toute la droite depuis la dictature.

Frei a rapidement reconnu sa défaite. Cet ancien président (1994 à 2000), n'a jamais pu tirer parti de la popularité de Bachelet, qui finit son mandat avec une cote-record de 80% mais ne peut briguer deux mandats consécutifs.

Sportif et énergique sexagénaire, Pinera a bâti l'essentiel de son message sur le besoin de renouvellement et sur «l'usure», la «fatigue» de la Concertation après 20 ans de pouvoir.

Il s'est présenté en garant de l'héritage social de Bachelet, promettant de poursuivre sa lutte contre la pauvreté et de créer un million d'emplois, tout en renforçant la lutte contre la délinquance.

Il a aussi affiché son attachement au modèle d'«économie sociale de marché» qui a fait du Chili un des pôles de prospérité d'Amérique latine.