La révolution orange perd son Président

UKRAINE Selon les premiers résultats, l'ancien président Ianoukovitch devancerait de 11 points la Premier ministre Ioulia Timochenko...

Avec agence

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Ioulia Timochenko vote pour l'élection présidentielleà Dnipropetrovsk, le 17 janvier 2010.
Ioulia Timochenko vote pour l'élection présidentielleà Dnipropetrovsk, le 17 janvier 2010. — REUTERS/Vasily Fedosenko

L'opposant pro-russe Viktor Ianoukovitch retrouvera sa vieille rivale Ioulia Timochenko le 7 février, pour le deuxième tour du scrutin présidentiel qui s'annonce serré en Ukraine, après l'élimination dimanche du président sortant et héros de la Révolution orange Viktor Iouchtchenko.

 
Favori de longue date, Viktor Ianoukovitch obtient sans surprise le meilleur score, avec 36,86% des voix, selon les résultats officiels portant sur 50,36% de bulletins dépouillés.

Il devance d'environ 12 points Ioulia Timochenko qui recueille 24,31% des suffrages, selon ces résultats partiels publiés par la Commission électorale centrale.

Il paraît donc à même de prendre sa revanche sur ceux qui l'avaient humilié en 2004 en invalidant pour fraudes massives sa «victoire» présidentielle, lors du vaste mouvement populaire pro-occidental resté dans l'Histoire sous le nom de Révolution orange: Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko.

Rapprochement avec Moscou

Connue pour sa combativité, Ioulia Timochenko a cependant estimé, lors d'une apparition publique dans la nuit de dimanche à lundi, que «M. Ianoukovitch, qui représente les cercles criminels, n'a aucune chance».

L'intéressé lui a rendu la politesse, estimant que sa rivale était apparue «au désespoir» lors de son intervention. «La journée d'aujourd'hui était un référendum (pour l'équipe «orange»). Ils ont reçu le jugement du peuple et ce jugement était juste», a-t-il ajouté.

De fait, la pilule est particulièrement amère pour le président Iouchtchenko, éliminé dès le premier tour après être arrivé en cinquième position avec seulement 4,87% des voix.

Ses compatriotes ne faisaient pas mystère ces derniers mois de la profonde déception qu'ils ressentaient à l'issue de sa présidence. Ils désapprouvaient notamment les crises politiques à répétition qui l'opposaient à Mme Timochenko et les vives tensions avec Moscou.

Quel que soit le vainqueur, il n'aura pas la partie facile pour relever un pays en mal de stabilité politique et malmené par la crise, sous perfusion financière du Fonds monétaire international depuis plus d'un an.

Après avoir tourné le dos à Moscou sous Viktor Iouchtchenko, l'Ukraine devrait en revanche revenir à une politique «d'équilibre d'intérêts» entre l'Occident et la Russie, estiment de nombreux analystes.