Les états-Unis se placent en première ligne

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« Le temps n'est vraiment pas à l'expression de rivalités entre les pays », a tenu à affirmer le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, hier au « Grand Rendez-vous » Europe 1-Le Parisien-Aujourd'hui en France. Pas de rivalités certes, mais quelques frictions sûrement. Les Américains, chargés de la gestion de l'aéroport de Port-au-Prince, sont accusés de monopoliser la piste pour évacuer leurs ressortissants. Et, partant, d'empêcher ou de retarder atterrissage et décollage d'autres avions. « Quand un avion qui transporte à bord un hôpital de campagne ne peut pas atterrir, ce n'est pas possible », a réagi ce week-end le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, après que MSF a vu l'un de ses avions forcé de se dérouter vers Saint-Domingue.

Plus globalement, l'empressement de Washington dérange. Surtout Paris. Entre les deux nations, Haïti ayant été alternativement sous administration ou influence française ou américaine, il y a clairement une rivalité. Or, la proximité géographique donne l'ascendant aux Américains, qui débarquent en nombre sur l'île caribéenne. Quelque 4 200 militaires sont déjà sur place, 6 300 devraient les rejoindre à partir d'aujourd'hui pour assurer les secours et maintenir la sécurité. De plus, Barack Obama a ordonné hier la mobilisation des réservistes pour participer à des missions humanitaires sur l'île. Les Etats-Unis disposent de 24 hélicoptères et du porte-avions nucléaire Carl Vinson. A cela s'ajoute une aide immédiate de 100 millions de dollars et la mise sur pied d'un fonds chapeauté par les anciens présidents Clinton et Bush pour la collecte et le redéploiement des dons privés. W

A. Le G.