L'aide arrive au compte-gouttes

Armelle Le Goff

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Chercher des survivants du séisme. A tout prix. Les sauveteurs des 43 équipes internationales des Nations unies dépêchées en Haïti, victime dans la nuit de mardi à mercredi d'un séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter, avaient toujours l'espoir, hier, de retrouver des survivants. Ils ont des raisons d'y croire. Depuis leur arrivée, ils ont réussi à tirer 70 personnes des décombres. Mais chaque minute compte : manque d'eau et chaleur amenuisent d'heure en heure les chances de survie.

Dévastateur, le tremblement de terre pourrait avoir fait entre 40 000 et 50 000 morts, selon une première estimation établie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que les Américains disaient hier s'attendre à 200 000 morts. D'après les autorités haïtiennes, il y aurait 250 000 blessés et 1,5 million de sans-abri. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui est arrivé hier à Port-au-Prince, a déclaré que ce séisme était était « la plus grave crise humanitaire depuis des décennies ». L'ancien président américain Bill Clinton, émissaire particulier de l'ONU pour Haïti, doit le rejoindre aujourd'hui sur l'île.

Les équipes de Médecins sans frontières (MSF) ont affirmé n'avoir jamais vu « autant de blessures aussi graves ». L'ONG, qui fait fonctionner ses unités chirurgicales non-stop, déplorait hier les perturbations à l'aéroport de Port-au-Prince, où l'un de ses avions transportant un hôpital gonflable a été empêché d'atterrir. Pour les Haïtiens, il y a pourtant urgence. Affamés, ils commencent à manifester de la colère alors que le ravitaillement arrive au compte-gouttes. Des policiers ont fait feu hier matin sur des pillards dans un marché, tuant au moins l'un d'entre eux. Plongés dans le chaos de la dévastation, les secours peinaient hier encore à s'organiser. W