Les parents de Maddie attaquent le policier responsable de l'enquête

DISPARITION Procès en diffamation...

Armelle Le Goff

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L'ancien policier portugais Gonçalo Amaral présente son ouvrage sur l'enquête sur la disparition de Maddie Mc Cann «La Vérité du mensonge» à Lisbonne, le 24 juillet 2008.
L'ancien policier portugais Gonçalo Amaral présente son ouvrage sur l'enquête sur la disparition de Maddie Mc Cann «La Vérité du mensonge» à Lisbonne, le 24 juillet 2008. — Hugo Correia/REUTERS

Enième affaire dans l’affaire. Les époux McCann assistent aujourd’hui à l’ouverture du procès qui les oppose à Gonçalo Amaral. L’ex-chef de la police de Portimao, qui avait la charge de l’enquête concernant la disparition de leur fille Madeleine  McCann, 4 ans, le 3 mai 2007, a depuis été limogé. Et la petite Maddie, dont le visage poupin et les grands yeux bleus ont fait le tour du monde, reste introuvable. Le point sur un imbroglio judiciaire dont l’écheveau va du Portugal au Royaume-Uni.

>> Le mystère Maddie en images, c'est par ici
 
Pourquoi ce procès en diffamation contre Gonçalo Amaral?
Il a pour origine la mise en examen par Amaral des parents de Maddie en septembre 2007. Alors que Maddie reste introuvable, les McCann sont soupçonnés par le responsable de l'enquête d'avoir accidentellement tué la fillette et dissimulé son cadavre. Ils ont depuis été blanchis par la justice et l’enquête a été classée sans suite. Mais les époux McCann, toujours partisans de la thèse  d’un enlèvement, n’en éprouvent pas moins une haine tenace pour l’ex-chef de la police. Mis en cause dans son livre Maddie, L’enquête interdite (Ed. Bourin), ils l’attaquent en diffamation et lui réclament une indemnisation de 1,2 million d'euros. D’ores et déjà, ils ont obtenu qu’au Portugal, le livre soit retiré de la vente.
 
Pourquoi Amaral est-il partisan de la culpabilité des parents McCann?
Le policier portugais n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pour lui, l’affaire est entendue : «L’hypothèse politiquement correcte de l’enlèvement ne tient pas, assure-t-il dans Libération. L’enfant est morte.» Vingt jours après la disparition de Maddie, des traces de sang auraient été retrouvées dans la chambre d’hôtel et dans la voiture de la famille, or «les analyses montrent que le sang correspond en partie au profil ADN de Madeleine McCann», argue Amaral. Mais ce n’est pas tout. D’après lui, les parents de Maddie sont de toute façon coupables d’avoir laissé leurs enfants sans surveillance alors qu’ils dînaient au restaurant de l’hôtel. «Ils devraient être punis pour ça», affirme-t-il aussi dans Libération.
 
Comment Maddie a-t-elle disparu?
Le 3 mai au soir, la petite fille et ses deux frères et sœurs jumeaux sont laissés par leurs parents dans l’appartement du complexe hôtelier de Praia da Luz où ils séjournent au sud du Portugal. Les McCann laissent la porte ouverte et partent dîner avec des amis au restaurant de l’hôtel à 120 mètres de là. Il est approximativement 20h30. Avec leurs amis, ils assurent une surveillance tournante des enfants. Ce n’est qu’à 22 heures qu’ils s’aperçoivent de la disparition de Maddie. Déjà, les versions divergent. Selon les McCann, ils appelleront la police dix minutes après avoir constaté la disparition de leur fille. Les autorités portugaises, elles, n’enregistrent un premier appel au sujet de sa disparition qu’à 22h40.
 
Que veulent les McCann aujourd’hui?
Le couple souhaite qu’au Portugal les recherches pour retrouver leur fille reprennent (l’enquête a été classée sans suite). Pour plaider leur cause auprès de la population et des autorités qui leur sont désormais hostiles, ils se sont attachés les services de agence de communication portugaise. «Il est très important que nous puissions défendre le message auprès des médias et du public portugais que la recherche de Madeleine doit continuer », défend le porte-parole du couple Clarence Mitchell.