Journalistes français enlevés: Les talibans nient toute implication

AFGHANISTAN Les forces militaires françaises et afghanes sont mobilisées pour retrouver les deux journalistes de France 3...

Avec agence

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Un commandant de la police afghane discute avec un gendarme français sur la route d'Axe Vermont (province de Kapisa) où deux journalistes français ont été enlevés le 30 décembre 2009 (photo prise le dimanche 3 janvier 2010).
Un commandant de la police afghane discute avec un gendarme français sur la route d'Axe Vermont (province de Kapisa) où deux journalistes français ont été enlevés le 30 décembre 2009 (photo prise le dimanche 3 janvier 2010). — AFP PHOTO / JOEL SAGET

Les talibans ont nié dimanche toute implication dans l'enlèvement des deux journalistes français kidnappés mercredi au nord-est de Kaboul, a déclaré à l'AFP l'un de leurs porte-parole.

«Nous ne sommes pas impliqués», a déclaré Zabihullah Mujahid, joint par téléphone et s'exprimant d'un lieu inconnu. «Nous avons demandé à nos combattants de nous informer s'ils avaient fait quelque chose mais nous n'avons aucune information venant de cette zone», a-t-il ajouté.

Mobilisation générale

Selon des sources militaires, les forces françaises, appuyées par des éléments de l'armée et de la police afghanes, restaient mobilisées dimanche pour retrouver les deux journalistes français enlevés mercredi en Afghanistan.

«Nous organisons en permanence des points de contrôle aléatoires sur l'axe Vermont», une route stratégique nord/sud qui permet de rejoindre Kaboul depuis Islamabad, au Pakistan, a indiqué à l'AFP le «chef opérations» des forces françaises en Kapisa, tenu à l'anonymat, depuis son QG de la base de Tagab.

Selon lui, «tous les véhicules remontant vers le nord en direction de Kaboul sont fouillés, 24 heures sur 24» depuis que la disparition des journalistes a été signalée afin d'empêcher leur «exfiltration à bord d'un véhicule».

Enlevés dans une zone dangereuse

«Nous avons adapté nos opérations tout spécialement à cette fin», a-t-il souligné, tandis que «l'appareil de renseignement tout entier est tourné» vers la recherche des journalistes.

Participant également aux recherches, une trentaine de gendarmes français ont épaulé dimanche matin la police afghane près de la «base d'opérations avancée» de Tagab où ils ont établi un barrage de contrôle.

Au même moment, plus au sud, les troupes françaises étaient impliquées dans un nouvel accrochage avec des insurgés qui n'a fait aucun blessé mais nécessité l'intervention dissuasive de deux chasseurs F-15 américains.

Les deux journalistes travaillent pour le magazine Pièces à conviction de la chaîne France 3. Ils étaient partis mercredi matin de Kaboul, avec leurs trois accompagnateurs afghans, avant d'être enlevés à Omarkheil, au nord-est de Kaboul, dans une zone dangereuse en dépit de la présence de bases militaires françaises à proximité.

Près de 800 des 3.300 militaires que la France compte sur le sol afghan sont déployés en Kapisa.