Une équipe de télévision française enlevée en Afghanistan

AFGHANISTAN Deux journalistes ont été enlevés...

O.R. et M.N.

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Deux journalistes français ont été enlevés en Afghanistan, jeudi 31 décembre 2009.
Deux journalistes français ont été enlevés en Afghanistan, jeudi 31 décembre 2009. — IDE

Deux journalistes français ont été enlevés mercredi dernier au nord-est de Kaboul, avec «leur traducteur afghan, le frère et le cousin du traducteur». Le ministre de la Défense Hervé Morin a confirmé jeudi être «sans nouvelles de deux journalistes français».

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Le ministre de la Défense a précisé que «leur trace a été perdue dans le sud-Tagab», une localité située dans une zone stratégique à une soixantaine de kilomètres à l'est de Kaboul et à une trentaine de kilomètres au sud de la base de Nijrab, où il se trouvait lui-même pour participer au réveillon des soldats français.

«Aucune hypothèse n'est donc à exclure et nous mettons en oeuvre tous les moyens pour entrer en contact avec eux», a-t-il poursuivi, refusant de confirmer qu'il s'agissait d'un enlévement. Du côté du ministère des Affaires étrangères, on réaffirme jeudi que «tous les moyens sont mobilisés pour localiser nos compatriotes dans les délais les plus brefs».

Partis au contact des villageois?
 

«En la matière, la discrétion s'impose pour faire en sorte que nous soyons les plus efficaces possible», a également fait valoir le ministre de la Défense, précisant n'avoir reçu «aucune revendication d'aucun groupe».

Selon Hervé Morin, les deux journalistes, présents en Afghanistan «depuis une petite dizaine de jours», étaient partis mercredi «pour un reportage en vallée de Kapisa, une zone dans laquelle il y a des forces talibanes».

«Ils avaient indiqué à leurs confrères qu'ils allaient au contact de villageois. Que s'est-il passé exactement ? Nous n'en savons rien», a-t-il enchaîné.
 

Ils n'auraient pas prévenu les forces de sécurité d'un de leurs déplacements

Selon une journaliste française qui travaille avec eux, l'enlévement serait survenu «sur la route entre Surobi et Tagab» et aurait été opéré par «des talibans qui leur ont tendu un guet-apens». Plus précisément, selon la chaîne de télévision afghane Noor, cité par Reuters, les deux journalistes et leurs accompagnateurs auraient été enlevés près du village d'Omar Khil, dans le district de Tagab.

Un porte-parole de la police locale a précisé qu'ils avaient précédemment quitté le district de Sorobi pour celui de Tagab sans prévenir les forces de sécurité.


Selon le site du Point, ces journalistes, un rédacteur et son caméraman, réalisaient un reportage pour le magazine d'investigation de France 3, Pièces à conviction , présenté par Elice Lucet.

France Info précise que les deux journalistes enquêtaient sur la construction d’une route. Leur sujet doit être diffusé fin janvier, comme l'a confirmé Paul Nahon, directeur des magazines de France Télévisions, qui a précisé être «sans nouvelles depuis 48 heures».

L'identité des journalistes pas révélée

Les familles des deux journalistes français ont été prévenues de leur enlèvement, toujours selon France Info.

Mais France 3 veut pour l’instant rester discrète, pour leur sécurité et pour la tranquillité des familles, et ne souhaite pas que leurs identités soient rendues publiques».

L'annonce de l'enlèvement intervient alors que le ministre français de la Défense Hervé Morin est en visite de 24 heures en Afghanistan pour un réveillon aux côtés des forces françaises. Il va également s'entretenir avec le président afghan Hamid Karzaï. Hervé Morin est accompagné de l'actrice française Charlotte de Turckheim et du journaliste Patrick Poivre d'Arvor.

A la mi-décembre, trois journalistes qui travaillaient pour le Guardian, deux Afghans et un Irakien, avaient été libérés après avoir été brièvement pris en otage dans l'est du pays, près de la frontière pakistanaise. En novembre, un journaliste norvégien et son interprète afghan avaient été retenus pendant une semaine dans la même région avant d'être libérés.