Pour des soldats américains, concevoir un enfant en Irak est désormais passible de la cour martiale

Philippe Berry

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De notre correspondant à Los Angeles
 
La maternité ou l'uniforme, il faut choisir. Le général Anthony Cucolo, qui dirige 22.000 soldats dans le nord de l'Irak (dont 1682 femmes), a inscrit la grossesse sur la liste des motifs de sanctions pour les troupes sous son commandement. Selon le journal de l'armée Stars and Stripes, les sanctions peuvent aller jusqu'à la cour martiale et la prison.
 
La règle instaurée début novembre s'applique à tout le personnel, y compris aux civils de la base. Pas de discrimination: les sanctions concernent les femmes comme les hommes qui seraient responsables de la grossesse –y compris les couples mariés. Une exception est cependant prévue pour les grossesses résultant d'agressions sexuelles, précise CNN.
 
«Maintenir l'ordre»
 
Quelque 200.000 femmes servent dans l'armée américaine. Selon les règles en vigueur en Irak, une GI enceinte doit être évacuée dans les quatorze jours. Ce qui «crée un vide et un déséquilibre dans l'unité», explique le général Cucolo. Selon lui, il s'agit de «maintenir l'ordre et la discipline».
 
Selon le professeur de droit militaire Eugene Fidel, interrogé par CNN, la règle est «surtout dissuasive». Il doute qu'un cas aille jusqu'à la cour martiale mais estime cependant que la règle est «légale». Elle avait d'ailleurs été instaurée lors de la guerre du Vietnam.
 
Cette nouvelle restriction fait partie d'un document punissant de nombreux comportements, de la consommation de drogues aux jeux d'argent au manque de respect aux Irakiens. Un soldat en uniforme est soumis à nombre de règles qui ne s'appliquent pas aux civils. Certaines sont des plus polémiques, comme l'interdiction de révéler son homosexualité (la fameuse règle «dont ask, dont tell»), à laquelle Barack Obama s'est engagé à mettre fin.