Athènes ne devrait pas vivre le scénario islandais

— 

Un pays qui vit au ralenti. Voilà à quoi ressemble l'Islande après la crise qui a conduit à la faillite de son système bancaire, l'hiver dernier. Chantiers arrêtés, centres commerciaux vides de clients, mais aussi McDonald's, la chaîne de restauration rapide, qui décide de plier bagage : telles sont les premières conséquences de la banqueroute de l'île. Les autres sont moins visibles : le chômage, jusqu'alors inconnu, devrait atteindre 7,8 % de la population active, selon les prévisions officielles ; quant à l'endettement des ménages, déjà très élevé, il augmente aussi vite que l'inflation. Ce scénario pourrait-il se reproduire en Grèce ? Pas sûr.

En Islande, au moment de la crise du système financier international, l'encours des actifs atteignait onze fois le produit intérieur brut (PIB) de l'île. Alors, forcément, le pays ne pouvait pas s'en sortir sans éraflures. La Grèce n'est pas dans ce cas. Certes, sa dette publique s'est envolée, provoquant un vent de panique sur les marchés et la mobilisation de l'exécutif européen. Mais si ses finances doivent être mieux contrôlées, leur état n'est pas de nature à faire imploser le pays. Ni la zone euro, selon Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. D'ailleurs, les instances européennes ne montrent pas d'affolement. Hier, la Commission a salué le plan de redressement annoncé par Papandréou, et attend maintenant une application des mesures concrètes destinées à remédier aux déficits. Dont acte. W

A. Le G.