Le prix Nobel de la Paix face à ses guerres

Faustine Vincent (avec AFP)

— 

L'attentat suicide qui a frappé Kaboul, hier, a fait huit morts et une quarantaine de blessés.
L'attentat suicide qui a frappé Kaboul, hier, a fait huit morts et une quarantaine de blessés. — S. MARAI / AFP

Le nouveau Prix Nobel de la Paix, Barack Obama, n'en a pas fini avec la guerre. Hier, au moins 27 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées dans un attentat sur un marché au Pakistan, tandis qu'un autre frappait l'Afghanistan voisin, à Kaboul, faisant huit morts et une quarantaine de blessés. Ces deux pays sont au coeur de la stratégie américaine dans la « guerre contre le terrorisme ». Or cette dernière pourrait attiser les violences dans ces deux pays en 2010, tandis que la légitimité des deux gouvernements, gangrenés par la corruption, risque de faire défaut au pire moment.

En Afghanistan, l'année 2009 se révèle déjà comme la plus meurtrière depuis la chute du régime taliban en 2001, aussi bien en ce qui concerne les victimes civiles que les forces de sécurité afghanes et internationales. Au Pakistan, la vague d'attentats des talibans alliés à Al-Qaida a tué près de 2 700 personnes ces deux dernières années, et s'est intensifiée depuis que l'armée a lancé plusieurs offensives dans le Nord-Ouest. Au moins 1 150 personnes ont ainsi péri dans des attentats en 2009, soit 26 % de plus qu'en 2008. A l'heure où les premiers renforts militaires promis par Barack Obama arrivent cette semaine en Afghanistan, l'Irak est à nouveau en proie aux violences. Hier, cinq personnes ont été tuées et 54 autres ont été blessées dans une série d'attentats à Bagdad et à Mossoul (nord), au lendemain de l'audition par le Parlement des principaux responsables de la sécurité du pays. « Les attentats rappellent tragiquement que ce n'est pas encore fini, et que le combat doit se poursuivre » contre le terrorisme, avait affirmé jeudi dernier le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, au Premier ministre irakien. Malgré la multiplication des attaques, le calendrier de retrait d'Irak des soldats américains « demeure en bonne voie ». Les troupes de combat doivent avoir quitté le pays d'ici août 2010, un prélude au désengagement total à la fin 2011. W