Copenhague 2009: les compensations au coeur de la bataille

CLIMAT L’enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique est aussi financier...

Armelle Le Goff

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Le sommet de Copenhague s'est ouvert, hier, sur un appel pressant à définir une riposte mondiale au réchauffement climatique. La conférence ne sera un succès «que si une action significative commence» le jour même où ses travaux s'achèveront, le 18 décembre, a prévenu le patron du climat aux Nations unies, Yvo de Boer. Pour ce faire, les pays en développement attendent désespérément une action tangible et immédiate pour l'adaptation de leurs nations à la nouvelle donne climatique.

Des sommes colossales

L'engagement avait été pris à Bali, en décembre 2007. Les pays riches avaient alors non seulement accepté de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) rapidement, mais aussi d'aider les pays en développement à limiter les leurs, sans pour autant que leur croissance en pâtisse. Or, il y a urgence. Les pays en développement émettent aujourd'hui autant de GES que les pays industrialisés. Seul le revenu par habitant diffère : celui d'un pays industrialisé est cinq fois plus élevé que celui d'un pays en développement.

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Un écart qui justifie l'effort financier de la part des plus riches. «A court terme, il nous faudra 10 milliards [de dollars, soit près de 7 milliards d'euros] en 2010, 10 milliards en 2011 et encore 10 milliards en 2012», a affirmé de Boer. Des sommes colossales, sur lesquelles les pays concernés refusent toujours de s'engager. «Clairement, nous sommes loin d'un accord sur ce point», reconnaissait récemment l'économiste britannique Nicholas Stern, auteur d'un rapport sur le coût du réchauffement climatique en 2006. Selon le Financial Times Deutschland, l'Union européenne serait prête à offrir entre «1 et 3 milliards d'euros» d'aide immédiate pour les trois prochaines années, mais ce n'est même pas la moitié de la somme nécessaire par an.

Avec son plan Justice-climat, la France défend, elle, une enveloppe de 410 milliards d'euros sur vingt ans, via une taxe sur les transactions financières mondiales. Mais pour être équitable, ce type d'initiatives doit aussi être suivi par les Etats-Unis, alors que son Congrès reste majoritairement hostile. A Copenhague, c'est au niveau des porte-monnaie que la température risque de monter.