Evo Morales réélu dès le premier tour

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Le président socialiste de la Bolivie, Evo Morales, a été réélu triomphalement, dimanche, au premier tour de l'élection présidentielle. Il a remporté 61-63 % des voix, contre 23-25 % pour son premier rival de droite, l'ex-militaire Manfred Reyes Villa. Pilier de la gauche radicale d'Amérique latine, il a ainsi confirmé son assise populaire en tant que premier chef d'Etat indien (aymara) de la Bolivie en 184 ans d'indépendance. Il a aussi obtenu un contrôle total du Parlement qui, a-t-il dit, lui donne le devoir d'« accélérer le changement ».

Cette prise de contrôle du Parlement fait redouter à la droite une dérive despotique. Morales a d'ailleurs laissé planer la possibilité d'un 3e mandat, estimant que sur la base d'une nouvelle Constitution, son 2e mandat peut-être considéré « comme une première élection ». Sa rhétorique antilibérale, ses alliances (avec le Venezuela et l'Iran) sont aussi suspectes aux yeux de l'Occident. Tout comme le poids du narcotrafic en Bolivie, 3e producteur mondial de cocaïne. W