De plus en plus de médicaments contrefaits en Europe

SANTE L'Union européenne est «extrêmement inquiète»...

Avec agence

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Un homme et deux femmes ont été mis en examen samedi dans le cadre d'une information judiciaire contre X pour "administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort sans intention de la donner", après le récent décès d'une femme qui avait absorbé des gélules amaigrissantes, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.
Un homme et deux femmes ont été mis en examen samedi dans le cadre d'une information judiciaire contre X pour "administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort sans intention de la donner", après le récent décès d'une femme qui avait absorbé des gélules amaigrissantes, a-t-on appris dimanche de source judiciaire. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

La circulation de médicaments contrefaits dans l'Union européenne dépasse les pires craintes de la Commission, «extrêmement inquiète», a dit le commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen au quotidien allemand Die Welt de lundi.

«Le nombre de médicaments contrefaits qui atterrissent en Europe auprès des patients ne cesse d'augmenter. La Commission européenne est extrêmement inquiète», a déclaré Günter Verheugen.

34 millions de faux comprimés

«En seulement deux mois, l'UE a saisi 34 millions de faux comprimés, lors de contrôles douaniers ciblés dans tous les pays membres. Cela a dépassé les pires craintes», a-t-il ajouté.

Il s'agit avant tout d'antibiotiques, de traitements anticancéreux, de médicaments anti-malaria et anticholestérol, d'antalgiques et de faux Viagra, a précisé le vice-président de la Commission.

Nombre des saisies de 2008 venaient d'Inde, selon un rapport UE publié en juillet. Günter Verheugen a dit s'attendre à ce que l'UE s'entende en 2010 sur des mesures de lutte contre ce fléau, la contrefaçon de médicaments devant selon lui être considérée comme un crime à sanctionner «de la façon la plus sévère».

«Une tentative d'hécatombe»


«Chaque contrefaçon de médicaments est une tentative d'hécatombe. Même quand un médicament ne contient qu'une substance inefficace, cela peut conduire à ce que des gens meurent parce qu'ils croient combattre leur maladie avec un médicament efficace», a argué Günter Verheugen.

«Je m'attends à ce que l'UE s'entende en 2010 pour que la voie empruntée par un médicament puisse être minutieusement suivie depuis sa fabrication jusqu'à sa vente. Il y aura ainsi des marques anti-contrefaçon sur les emballages et notamment un code-barre. Et aussi un scellé, pour qu'on voie clairement si quelqu'un a ouvert l'emballage et qui», a-t-il dit.

Les ministres de la Santé de l'Union européenne avaient plutôt bien accueilli en juin une proposition législative visant à éviter que des contrefaçons ne s'infiltrent dans la chaîne de distribution légale. Elle incluait une sécurisation des emballages de médicaments via des codes-barres, hologrammes et scellés, et un contrôle renforcé des acteurs de la chaîne, des grossistes aux pharmacies.