Grand oral d'Obama sur l'Afghanistan

ÉTATS-UNIS e président américain présente aujourd'hui sa nouvelle stratégie militaire dans le conflit...

Armelle Le Goff

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Hier soir, Barack Obama a appelé ses homologues russe, français et britannique à le soutenir.
Hier soir, Barack Obama a appelé ses homologues russe, français et britannique à le soutenir. — REX FEATURES / REX / SIPA

Cela restera peut-être le discours le plus difficile de sa carrière de président. C'est ce mardi que Barack Obama s'adressera solennellement aux Américains pour leur expliquer ses choix pour l'Afghanistan, sur lesquels il planche depuis trois mois. Il le fera devant les élèves de West Point, la prestigieuse école militaire américaine.

Le président américain devrait annoncer le déploiement d'environ 30.000 soldats supplémentaires. Pas tout à fait ce que lui réclamait son commandant sur le terrain, le général Stanley McChrystal, qui parlait de 40.000 soldats en plus des 68.000 déjà présents. Mais beaucoup plus que le nombre de militaires sur place avant sa prise de fonction, il y a presque un an, soit quelque 35.000 hommes. En triplant ainsi le contingent, à près de 100.000 hommes, Obama espère paradoxalement mettre un terme à une intervention décidée par son prédécesseur, George W. Bush, aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001.

Le chiffon rouge de la guerre du Vietnam

Il tâchera de convaincre ses concitoyens, de plus en plus sceptiques sur la nécessité de cette guerre qui, loin de paraître prendre fin après plus de huit ans, connaît son année la plus meurtrière pour les soldats et les civils avec, déjà, près de 300 morts. Comme pour chaque conflit aux Etats-Unis, ceux qui s'opposent à un accroissement de l'engagement agitent le chiffon rouge de la guerre du Vietnam, de 1964 à 1975. «Il faut retenir les leçons de l'histoire. Mais d'un autre côté, chaque période de l'histoire est différente. On n'entre jamais deux fois dans la même rivière. Alors l'Afghanistan, ce n'est pas le Vietnam», avait prévenu Barack Obama en septembre.

Le plus efficace pour se faire entendre serait de donner un calendrier de retrait. Mais il n'est pas certain que le Président soit en mesure de le faire aujourd'hui. Même si, comme il l'a déjà déclaré, il «préférerai[t] ne rien laisser au prochain président».

Soucieux d'inclure ses alliés, Dmitri Medvedev, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, dans le processus de décision, le président américain les a appelés, lundi soir, pour les inciter à le soutenir dans son effort. Si Nicolas Sarkozy a refusé, le Premier ministre britannique a déjà répondu positivement, en annonçant l'envoi, début décembre, de 500 soldats supplémentaires en Afghanistan. Cela portera le contingent britannique à 10.000 hommes.